dimanche 15 novembre 2009

Salle de spectacle : Go Multimédia se prononce


Go Multimédia a déposé son rapport sur les coûts d'une nouvelle salle de spectacle à Chicoutimi. La population aura, dit-on, l'opportunité de se prononcer sur l'option qu'elle préfère. Mais quelle sera la question posée?

Dans un cas, il s'agit de rénover du vieux. Dans l'autre il s'agit d'investir dans du neuf. Et le coût dont il faut se soucier sera celui que le contribuable saguenéen aura à assumer.

Dans un cas comme dans l'autre, la majeure partie des fonds provient de l'extérieur. Juste retour de nos impôts payés au fédéral et au provincial, complétés par des fonds privés recueillis dans la collectivité. Donc, dans un cas comme dans l'autre, la part de Saguenay serait sensiblement la même que ce soit pour rénover ou pour construire. C'est CE chiffre-là qu'il sera important de soumettre aux citoyens.


© Progrès-Dimanche 17 février 2008


Au tout début du rapport Go Multimédia nous lisons: «Lors de nos entretiens avec ces organismes, nous avons compris qu'ils convoitaient plutôt l'acquisition d'une salle pluridisciplinaire avec une acoustique de qualité et qu'un site faisait consensus auprès de tous, soit la zone ferroviaire, localisée sur le boulevard Saguenay Est, à l'est de la rue Lafontaine. Consensus de tous sauf le théâtre du Saguenay qui ne fait pas partie des groupes revendiquant la construction d'une nouvelle salle de spectacle.»

S'appuyant sur ce dit consensus, l'étude n'a donc pas regardé s'il existe un site alternatif qui aurait pu, lui aussi, faire consensus. On ignore si la question a seulement été soulevée. Or cette information importe puisque le rapport tient compte d'un aspect qui influe sur les coûts. C'est-à-dire le fond du terrain nécessitant une structure compensée pour soutenir le poids de la construction, les frais de décontamination et le coût d'un stationnement (j'imagine que cela sera vrai pour tout autre édifice construit sur ce site).

Mais attention! Il faut savoir si, salle de spectacle ou pas, la décontamination et la réalisation d'un stationnement, Saguenay entreprendra tout de même ces travaux, ainsi que décrit ici dans son projet de rénovation du Centre-Ville. Si cela est, ces dépenses ne devraient donc pas être incluses dans les coûts de la nouvelle salle puisqu'elles figurent déjà dans les projets de la Ville. Sinon, ils ne servent qu'à gonfler le prix global du projet de la nouvelle salle de spectacle.

Go Multimédia
a consulté les organisme et leurs représentants suivants: L'orchestre symphonique représenté par Daniel Tremblay et Jocelyn Robert, Le Festival de musique du royaume (Gabrielle Gaudreault présidente fondatrice, Hélène Gaudreault, André Salesse), les porte-parole des Étudiants du Conservatoire (Marie Gilbert Thévard et Éric Dufour), la Société d'art lyrique du royaume (Luc Blackburn, président et conseiller municipal) et le Théâtre du Saguenay (Robert Hakim directeur général et Éric Asselin).

Notons - je crois que cela a de l'importance - que cette étude a été réalisée avec la collaboration du client de Go multimédia, soit Ville de Saguenay représentée par Jean-François Boivin et François Hains.

Pour revenir sur «l'exclusion» du Théâtre du Saguenay dans le dit «consensus» et je cite: «Consensus de tous sauf le théâtre du Saguenay qui ne fait pas partie des groupes revendiquant la construction d'une nouvelle salle de spectacle», il serait utile de se souvenir d'un passé récent. En 2005, l'Association des centres-villes déposait un projet d'implantation d'une nouvelle salle de spectacle polyvalente de 1200 sièges rejoignant les attentes des organismes culturels. Ce projet a reçu sans équivoque l'aval du Théâtre du Saguenay. Et pour cause, cette infrastructure ne se limitait pas seulement à une salle de spectacle, mais prévoyait loges, bureaux, salle de répétition, café et autres commodités modernes. Coût prévu: 16M$. La contribution demandée aux contribuables de Saguenay se limitait à 3 M$ contre une participation de 2,2 M$ pour un projet de rénovation de l'auditorium Dufour dont le coût total était alors évalué à seulement 3,5 M$. Précisons que c'est sur cette sous-évaluation du coût des rénovations de l'auditorium Dufour (projet Sirois) que Ville de Saguenay a imposé son choix.

Rappelons que le 4 avril 2005, sans consultation, unilatéralement et muselant toute opinion contraire au projet Sirois, incluant les porte-parole du Théâtre du Saguenay, les élus de Saguenay ont appuyé sans s'exprimer la décision du maire Jean Tremblay. J'en ai parlé ici.

Aux premiers temps de cette saga d'une salle de spectacle, à Chicoutimi, c'est donc bien le Théâtre du Saguenay qui le premier appuyait le projet d'une nouvelle salle de spectacle, projet soumis par des gens d'affaires de Saguenay. L'organisme culturel, comprenons-le, n'a pas eu d'autre choix que de se rallier à l'option «rénovation» afin de sauvegarder son statut de diffuseur officiel et d'assurer sa survie.

Le projet de Go Multimédia

Le rapport de Go Multimédia décrit avec détails et illustrations ce que sera la nouvelle salle de spectacle. Projet qu'il recommande d'ailleurs.

Cette partie est très intéressante, mais occulte totalement toute comparaison avec «l'autre produit» en concurrence, c'est-à-dire l'auditorium Dufour rénové. Rappelons que les coûts de cette rénovation n'ont cessé de croître depuis 2005. Voir ici.

Ce rapport anticipe les coûts d'exploitation et d'entretien de la salle de spectacle particulièrement élevés. Dans un dossier bien étoffé réalisé sur le sujet en 2005, Yvon Paré, alors journaliste pour Le Quotidien écrivait déjà : «Après vérification auprès de plusieurs intervenants, les coûts d'entretien dont on fait souvent mention dans la région sont nettement gonflés. Nulle part au Québec ces frais ne dépassent les 175 000 $. Alors, quand on parle de 500 000 $ pour l'entretien d'une salle, on exagère.» (Un investissement réaliste, Progrès-Dimanche 16 janvier 2005, page B 13)

© Progrès-Dimanche 16 janvier 2005

Curieusement, on ne parle pas des retombées économiques directes et collatérales, ni même des revenus anticipés de cet investissement. Pourtant il existe des exemples vérifiables où d'autres municipalités ont fait la preuve des avantages d'un tel investissement. Comment la population pourra-t-elle prendre une décision éclairée avec des données aussi incomplètes?

Que dire? «Des études sérieuses évaluent à un million de dollars les retombées de la programmation de l'Auditorium Dufour dans le milieu. Il n'est pas fantaisiste de multiplier ce montant par trois au cours des années suivant la construction ou une rénovation sérieuse. La ville se prive de plusieurs millions en ne bougeant pas. Sans compter qu'une salle peut être un élément clef dans la relance d'un centre-ville. La preuve a été faite partout au Québec. Est-ce qu'une nouvelle salle de spectacles est un placement ou une dépense? À vous de trancher.» (Progrès-Dimanche, 16 janvier 2005, page B4 : Un outil de relance privilégié)

© Progrès-Dimanche 16 janvier 2005

Pour faire le bon choix, le citoyen doit savoir le prix qu'il paiera réellement dans un cas comme dans l'autre. Lui laisser croire qu'il doit décider de dépenser 10,5 M$ en rénovation ou 39 M$ en construction nouvelle serait malhonnête. Mais voilà, le rapport Go Multimédia n'explique nulle part la provenance des fonds requis et donc, nous tient dans l'ignorance quant aux déboursés réels des contribuables de Saguenay dans ce projet.

Le rapport Go Multimédia laisse trop de questions sans réponse pour s'en contenter. Il a certainement respecté le mandat qui lui a été donné.

Aux défenseurs d'un projet d'avenir ambitieux de se mobiliser.

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Copie de l'étude réalisée par Go Multimédia disponible sur le site de Saguenay dans les Dossiers de l'heure: ici

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jeudi 12 novembre 2009

Un Ubu roi qui a du panache

Ubu Roi d'Alfred Jarry - Les Têtes Heureuses 2009
Martin Giguère, Christian Ouellet, Patrice Leblanc

© Photo Jean-François Caron

Les têtes Heureuses nous ont depuis longtemps appris que leurs productions créaient chaque fois un évènement. Il y a toujours «un je n'sais quoi» qui confère à leur théâtre une profondeur qui doit tout à leur mise en scène et à leur distribution. Leur Ubu Roi le confirme une fois de plus. Leur Ubu roi a du panache.

Mes réserves ébranlées

Je n'aime pas le théâtre burlesque. La farce vulgaire, grotesque me hérisse. Et la lecture du texte de la pièce d'Alfred Jarry me laissait mitigée quant au plaisir anticipé. Cependant, les Têtes Heureuses sont une valeur sûre. Et plusieurs noms de la distribution valaient le déplacement.


Christian Ouellet dans UBu Roi
© Photo Merryl B. Lavoie

Oh! surprise! J'ai succombé à la séduction d'un jeu théâtral exceptionnel. Coup de maître, dès le départ, que de confier tous les rôles, féminins comme masculins, à des hommes. La farce est sans équivoque. L'audace aussi, d'une mise en scène qui, poussant au paroxysme l'intention d'une vulgarité consommée dans une scène très osée de «fornication», campe les personnages avec force. Et il fallait l'incroyable talent de Christian Ouellet (Père Ubu) et de Martin Giguère (Mère Ubu) pour réussir à imposer une image sexuelle puissante sans heurter. Le spectateur est bousculé certes, mais il comprend mieux pourquoi la dynamique de ce couple entraîne l'un et l'autre au-delà de ses propres limites. Si désireux de richesse et pouvoir qu'il soit, Père Ubu ne franchit le pas que poussé par l'ambition démesurée d'une femme qui sait comment l'asservir.

Modernité de la mise en scène

Ainsi qu'il l'avait habillement réalisé dans la mise en scène de «Guerre», suggérant les temps et les lieux par le déplacement de quelques accessoires, Rodrigue Villeneuve a pris le risque d'une mise en scène dépouillée, occupant l'espace central du théâtre tandis que les spectateurs se retrouvent de part et d'autre de la scène.

Christian Ouellet (Ubu)
Patrice Lebanc (Capitaine Bordure)

Ubu Roi - Têtes Heureuses 2009

© Photo Jean-François Caron

La pièce se déroule en crescendo où la vénalité des uns s'ajoutent à la convoitise des autres, broyant tout sur leur passage, l'un pour assouvir sa soif de pouvoir, l'autre pour s'approprier le bien des autres. En situant l'action en Pologne, ainsi que le voulait Jarry pour mieux dire que le lieu du délit est sans importance, le drame qui se joue s'universalise et, inévitablement, démontre sa vérité intemporelle.

Sur écran des images projetées pendant la pièce évoquent l'existence d'autres Ubu Roi que celui de cette fiction. Il aurait été souhaitable que l'on soit plus mesuré dans le choix de ces «illustrations»… La suggestion aurait gagné en force à ne cibler que des exemples incontestables d'une pareille cruauté.

Pour illustrer ce qui suit, exemple de photos projetées
Le lynchage de Thomas Shipp et d'Abram Smith

Photo trouvée ici

J'ai éprouvé le même inconfort devant la projection des pendaisons des Noirs américains accompagnant la scène des meurtres d'Ubu contre les «nobles fortunés». L'assassinat raciste de ces hommes et femmes, souvent pauvres - tableaux insoutenables s'il en est - n'ont aucun lien avec ce qui se passe sur la scène et interfèrent sur l'attention portée à l'action qui se déroule.

Et quelle action: un tourbillon de folie, de va-et-vient tonitruants, de rebondissements loufoques et dramatiques. On assiste à un méli-mélo savant où se succèdent coups de fusils, adieux mélodramatiques, crimes et poursuites.

Les comédiens

Martin Giguère crée une Mère Ubu d'une extrême efficacité. Un jeu caricatural habilement maîtrisé qui transcende toute la vénalité du personnage.

Christian Ouellet est tout simplement exceptionnel. Son jeu est si intense que l'on reste accroché à l'expression de ce visage où tout passe. Les yeux tantôt rieurs, tantôt cruels, ajoutent à l'éloquence de la voix et du geste. Une présence si forte qu'elle accentue les quelques faiblesses des autres. Ne fusse que pour voir ce duo magistral, cela mérite de se précipiter au Petit-Théâtre de l'Université du Québec à Chicoutimi. Les dernières représentations auront lieu du 12 au 15 novembre.

La distribution se compose également du très sérieux Patrice Leblanc en Capitaine Bordure, du clown attendrissant Guillaume Ouellet en héritier adolescent Bougrelas, du sage un peu hautain Marc André Perrier en Venceslas, ainsi que de l'ineffable Éric Renald en Reine Rosemonde grandiloquente.


Une très bonne critique de Mélyssa Gagnon
© Le Quotidien, 31 octobre 2009

Quelques liens complémentaires :

http://www.cyberpresse.ca/le-quotidien/arts-spectacles/200910/21/01-913392-ubu-roi-un-clin-doeil-aux-politiciens-actuels.php

http://specialdujour.hautetfort.com/archive/2009/11/02/ubu-roi-sombre-et-jouissif.html

http://lesclapotisdunyoyo2.blogspot.com/2009/10/ubu-roi.html


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jeudi 29 octobre 2009

Marie-Christine Bernard lauréate du Prix France-Québec 2009

© Photo Marie-Christine Bernard


Marie-Christine Bernard n'a pas fini de nous surprendre. Nous ne sommes pas les seuls à aimer les écrits de cette femme-flamme sensible et passionnée.


Le Prix France-Québec 2009 octroyé à Marie-Christine Bernard pour son roman Mademoiselle Personne.

Elle supplante ainsi Pascale Quiviger (La maison des temps rompus), ainsi qu'Éric Dupont (Bestiaire) qui étaient finalistes avec notre écrivaine d'Alma. Sans doute parce que, comme l'écrit si bien son éditeur: «La langue de Marie Christine Bernard est organique, océane et aérienne: tantôt touchante comme une brise, tantôt déchaînée comme la mer en furie, tantôt odorante comme les corps repus d’amour et l’iode des grèves gaspésiennes.»

Voir le résumé ici et critique , et commentaires , et .

Marie-Christine Bernard Lauréate Prix France-Québec
© Photo archives Jeannot Lévesque

Ce n'est pas le premiers honneur qui échoit à notre auteure (oui, je suis possessive), mais il confirme combien cette écrivaine enthousiaste touche ses lecteurs puisque le choix du lauréat se fait par vote public.

«Créé en 1998, le prix littéraire France-Québec souligne l’excellence du roman contemporain québécois en récompensant chaque année l’un de ses auteurs. Voué à la promotion et à la diffusion en France de la meilleure littérature québécoise, ce prix poursuit dans le domaine culturel, la mission que s’est donnée il y a plus de 40 ans l’association France-Québec : faire découvrir et faire aimer les spécificités de cette nation francophone d’Amérique.» (source: communiqué de presse, Corinne Tartare Vice-présidente Culture, AFQ)

Le prix est annuel. La présélection et la sélection se font au printemps et en été. L'annonce du lauréat se fait à l'automne. Le prix, d’une valeur de 5000 € environ 8 000$), est remis au mois de mars lors d’une cérémonie officielle, à Paris, dans le cadre d'une tournée dans plusieurs régionales de l’association. (Voir site France-Québec)

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vendredi 23 octobre 2009

Lettre à Damir

Au pied de l'érable
Première neige - 22 octobre 09
© Photo Christiane Laforge

La neige d'octobre n'est plus si bienvenue que jadis.

Pour l'enfant d'hier, elle était comme des baisers doux, un peu mouillés, plein de promesses festives et de batailles épiques autant que joyeuses.

Lors des heures amoureuses, elle présageait des tempêtes espérées pour garder captif mon François Paradis. Puis, femme de labeur, les hivers sont devenus trop longs dans ce pays privé d'été.

Marcher dans la neige du 23 octobre 2009 © Photo Christiane Laforge

La neige d'hier fut à peine tolérée. Alors, de la voir s'attarder, tout ce vendredi de soleil promis, m'exaspérait dans mes pas glissants lors de la montée et descente de mes 3,3 km quotidiens de la grande côte du rang Saint-Joseph.

Et voilà que je découvre sur mon mur de Facebook cette invitation à lire le texte de Jean-François Caron, une lettre adressée à son fils Damir en lien avec cette première neige d'octobre 2009 en terre saguenéenne. (Voir ici)

Elle me rend la mémoire de l'enfance d'Ariel qui m'inspirait ce sentiment intense exprimé dans cette lettre. Je l'ai lue une seconde fois, totalement réconciliée avec la neige d'octobre. La beauté est dans l'œil de celui qui regarde.

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mercredi 21 octobre 2009

Discrimination permise




Au Canada, la charte des droits m’interdit de discriminer toute personne en raison de sa race, de son origine nationale ou ethnique, de sa couleur, de sa religion, de son sexe, de son âge, de ses déficiences mentales ou physiques.

Au Canada, toute personne peut me discriminer pour mon sexe en raison de sa religion.

Quelqu’un peut-il m’expliquer???


Tous les humains naissent libres et égaux en dignité et en droits

Les femmes aussi?
Veuves Indoues, femmes exicées, femmes voilées, femmes lapidées, femmes assasinées pour «l'honneur», femmes violées, femmes vendues, femmes fouettées, femmes esclaves

vendredi 16 octobre 2009

Nécrophagie littéraire

Scène de nécrophagie -
Photo Christophe Eyquem



J'éprouve un grand malaise à la lecture des intentions avouées de Bertrand Visage des éditions du Seuil, éditeur français de Nelly Arcan. Celui-ci veut fouiller les entrailles de l'ordinateur de l'auteure, morte par suicide à 36 ans alors que son livre Paradis, clé en mains était sous presse.

Nelly Arcand
Lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle
Photo Radio-Canada


Il envisage de publier le roman «inachevé» de 40 pages sur lequel elle travaillait, espérant franchir le mot de passe de l'ordinateur de Nelly pour en extraire d'autres écrits inédits et les publier aussi advenant qu'ils «présentent un intérêt littéraire».

Bertrand Visage
Photo Hubert Hayaud

Les réactions outrées lui feront sans doute faire machine arrière. Mais il y a pensé… et d'autres avec lui.

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jeudi 8 octobre 2009

Dans un pays aux arbres d'or

Mon pays c'est l'automne.
Prise de vue à 850 mètres de hauteur,
à partir du Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

J'ai la tête dans les nuages. J'espérais plus de soleil. Il s'est pointé trop tard.

Cela ne m'a pas empêché d'aimer ce que j'ai vu. Trésors visuels accumulés lors d'une grande balade sur le Mont-Valin avec halte prolongée au Pic de la Hutte.

Vue du Pic de la Hutte, Mont Valin, Saguenay.
Pas assez de soleil pour aviver les tons d'or des arbres
à 850 mètres de hauteur.

© Photo Christiane Laforge

Un fjord, des lac, des arbres d'or.
Prise de vue à 850 mètres de hauteur,
à partir du Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge


Floraison d'automne.
Trésor trouvé lors d'une balade au Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

Ton de soleil,
capturé lors d'une balade sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

Il était tout seul, un peu en retrait du sentier,
ignorant tout de sa beauté.
Je l'ai cueilli sans y toucher du bout de ma lentille.

©Photo Christiane Laforge

mardi 6 octobre 2009

Quiproquo avec Dieu... Enfin!

En furetant sur les pages de Facebook, j'ai fait une découverte intéressante. En effet, j'y ai trouvé la mention d'un livre qui figure aujourd'hui en première place dans ma liste de commande. Il s'agit de Quiproquo avec Dieu de Bernard Lamborelle.


En prenant connaissance de son contenu, je me suis exclamé: Enfin! Il est plus que temps de se tourner vers ce passé lointain avec le désir sincère de trouver la vérité des faits.

Bernard Lamborelle a consacré six ans à ses recherches et à la rédaction de ce livre. Esprit curieux, aimant trouver des réponses aux questions qu'il se pose, il a fait une lecture non dogmatique de la Bible.

On peut lire sur son blogue comment Quiproquo avec Dieu s'inscrit dans une démarche scientifique:

« Soutenue par d’abondantes références bibliographiques, l’analyse proposée s’effectue à la fois sur les plans logique, chronologique et dendrochronologique. L’auteur démontre que du point de vue logique, la trame du récit est tissée de façon intégrale, sans extrapolation, ni sélection ou rejet intentionnel. La clarté et, paradoxalement, la complexité de l’histoire qui se dégage de cette relecture livrent un témoignage éloquent, offrant des réponses rationnelles et crédibles aux questions qui, jusqu’à présent, n’ont trouvé d’explication que dans le dogme. »




Dans le ton très respectueux que l'on constate à le lire sur son blogue, l'auteur conclut:
« Si nous voulons reconnaître dans les écrits une dimension sacrée, c’est parce que leur nature universelle et symbolique, bien plus que la croyance d’une intervention divine, nous y invite. Ces textes semblent plutôt avoir été inspirés par l’éternelle sagesse bienveillante de l’homme, au même titre que les enseignements philosophiques, bouddhistes ou hindouistes. Tous contribuent au développement de la spiritualité et à l’éveil de l’homme et de la femme. À ce titre, ils conservent une valeur d’enseignement inestimable, mais plutôt que de vouloir les ériger en dogme, il serait plus sage de les “traduire”, de les moderniser et de leur rendre toute leur authenticité. » (P. 250)

Cités Nouvelles- vol 34, no 22 - 7 juin 2009


Quatre autres liens pertinents:

http://planete.qc.ca/chroniques/imprimer.php?planete_no_chronique=164612

http://bernardlamborelle.blogauteurs.net/blog/ethique-et-religion/longevite/

http://www.facebook.com/group.php?gid=69749035198

http://www.citesnouvelles.com/article-346011-Quiproquo-sur-Dieu.html

jeudi 1 octobre 2009

La grande faucheuse frappe encore

Que de deuils cette seule année! Ma grande amie Rita, mon grand frère Jacques, le généreux Stan D'Haese, Thérèse Bouchard, Pierre Falardeau et, ce lundi, Ghislain Bouchard.


La grande famille du théâtre est en deuil. Ghislain Bouchard, figure imposante de la vie culturelle au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a franchi le pas ultime. Nombreux diront spontanément «Le père de la Fabuleuse histoire d'un royaume n'est plus», tant cette œuvre magistrale aura marqué le paysage de la scène régionale autant que celle du Québec pour avoir inauguré ici l'ère des spectacles à grand déploiement comme attrait touristique majeur. Mais Ghislain Bouchard a été bien plus que le père de la Fabuleuse.

Cet homme de passion, fortement épris du verbe comme du geste, incarne mieux que personne «L'esprit du Fjord», inspirant de nombreuses vocations théâtrales. Il était là, aux premières heures de cette effervescence que ne démentent pas les troupes actives d'aujourd'hui. Fondateur du théâtre du Coteau, des Pédagos et du Théâtruc, mais surtout de la célèbre «Marmite» bouillonnante à la flamme des Marie Tifo, Ghislain Tremblay, Michel Dumont, Rémy Girard et Jean-Pierre Bergeron, il n'a jamais douté ni de lui ni de ses alliés dans le grand combat mené pour imposer, avec succès, les arts de la scène en région.

Le geste ample et la voix portante, il ne pouvait s'empêcher de faire jaillir les occasions de créer et de mettre ses idées au service de la mémoire. Féru de Belles lettres et de grands esprits, défendant les classiques aussi bien que les Tremblay novateurs, Ghislain Bouchard avait une audace rare. La Foire culturelle de l'UQAC, le Carnaval Souvenir de Chicoutimi ont subi les éclats de cet homme avide d'occuper l'espace scénique et d'y laisser sa marque. Prolifique, il a mis en scène de nombres spectacles, pièces de théâtre, opérettes, défendant l'œuvre des autres ainsi que les siennes, osant bien avant d'autres se commettre dans des créations novatrices - pensons à la comédie musicale «Entre deux temps», sur une musique de Dominic Laprise, en 1984 - piaffant d'impatience quand il était confronté aux réalités comptables.

Il avait déjà bien contribué au développement culturel de cette région, par ses créations radiophoniques et télévisuelles, par la direction habile des opérettes au temps du Carnaval-Souvenir, par l'intense activité culturelle menée à l'université et sur les petites scènes locales, mais c'est à La Baie qu'il a pu déployer ses ailes et nous étonner par un spectacle unique, souvent imité depuis, en créant cette fresque historique magistrale, «La Fabuleuse histoire d'un royaume». Ce spectacle ne devait vivre qu'une saison, commémorant le 150e anniversaire de la fondation du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il a tenu 20 ans et applaudi par près d'un million de personnes, démontrant sans équivoque à quel point l'art a sa place dans le développement économique d'un pays. Un exploit qu'il aurait bien aimé refaire lors de la conception de «Occident 2000», lequel n'a jamais pu être mis en scène. Une grande déception pour Ghislain Bouchard qui a senti que sa grande œuvre devenait sa concurrente. Lui qui voulait que le théâtre s'impose constate avec regret que les spectacles s'opposent dans l'esprit politique des contributeurs, frileux à l'idée de trop multiplier les créations, ainsi qu'il nous le confiera dans quelques entrevues.

Dans sa tête, les rêves s'accrochent et ses tiroirs regorgent de projets, ébauches de créations, débordement d'idées pour l'avenir. La création de «La famille de Bonneau» en 2001, ravive sa flamme et le convainc de croire à sa victoire contre le cancer qui le harcèle. Une lutte qui incitera l'homme de théâtre à retrouver ses vieux complices pour un retour à la scène en produisant «Huit femmes» de Robert Thomas au profit de Leucan en 2006 et, «son chant du cygne» avait-il annoncé, «L'opéra de Quat'sous» pour la Maison ISA (un centre régional d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) en 2007. Ghislain Bouchard était ainsi: toujours un combat à livrer, une cause à défendre et, à défaut de faire de l'art pour l'art, reprendre la parole pour prêter voix à ceux qui se taisent.

Il nous laisse en héritage la force de ses convictions. Notre deuil est celui d'un artiste, d'un homme rassembleur qui a su insuffler sa passion comme une évidence impérieuse sans égard aux préjugés possibles. Un homme admirable qui a cru que l'on pouvait être au Saguenay-Lac-Saint-Jean et y faire de grandes choses.

© Le Quotidien - 29 septembre 2009, p.11
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dimanche 27 septembre 2009

Salle de spectacle à Chicoutimi... quoi encore!

Je suis perplexe. En lisant le titre Salle de spectacle: Le coût atteindrait 40 millions$, dans l'édition du journal Le Quotidien du 25 septembre dernier, je me suis dit : «Impossible! Cela devient grotesque !»

Puis, à la lecture de l'article signé par François St-Gelais, je me suis sentie flouée comme lectrice du journal par ce «conditionnel» permettant de lancer une affirmation tout en se réservant la possibilité d'un démenti… advenant que…

Plus loin, comprenant que ce chiffre inclut d'autres infrastructures - ce qui modifie totalement la perception de ce qui est avancé - j'ai éprouvé un peu de colère. L'aménagement d'un stationnement sur la zone ferroviaire n'a-t-il pas été annoncé à l'intérieur d'un ambitieux le projet de 50M$ destiné à revitaliser le Centre-ville de Chicoutimi ? Voir l'article (ici).

À qui sert de livrer prématurément en pâture «la primeur» et «l'exclusivité» d'une information qui - l'article ne précise rien en ce sens - peut être ou ne pas être la conclusion du rapport officiel de la firme mandatée, en l'occurrence Go Multimédia? Le dit rapport, lit-on, ne sera pas déposé le 30 septembre comme prévu, mais peut-être fin octobre. Alors, d'où proviennent les chiffres avancés? Spéculation? Fuite?

Et si fuite il y a, vient-elle des mandataires? Du comité exécutif de Saguenay? De la firme Cégertec qui doit évaluer «les répercussions pour le stationnement au centre-ville de la construction d'un nouvel immeuble sur le site de l'ancienne zone ferroviaire»?

Pour se faire une opinion éclairée et objective, le citoyen devrait d'abord avoir une information complète et donc, pouvoir prendre connaissance du rapport commandée par Ville de Saguenay à Go Multimédia.

Une information anonyme et partielle peut-elle être perçue comme une manipulation douteuse au service d'intentions cachées? Manipulation de chiffres ou manipulation d'opinion? Je suis perplexe.

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Pierre Falardeau dépose les armes

Pierre Falardeau 1946-2009 : Mourir n'est pas la mort

Pierre Falardeau
Photo Radio-Canada

Pendant que nous dormions, cette nuit de vendredi à samedi 26 septembre 2009, Pierre Falardeau rendait les armes contre le cancer. Tout le monde en parle ce matin, rendant hommage à l'homme de conviction, polémiste, cinéaste, artiste engagé. Son œuvre nie la mort de cet esprit marquant. Mourir n'est pas la mort quand la voix ne s'éteint pas lors du dernier souffle.

Hier, mon fils Ariel, étudiant en linguistique à l'UQAC , me résumait sa lecture sur l'aspect social du langage, identifiant quelques exemples les plus remarquables. Ce passionnant débat nous amena à parler du langage de Pierre Fardeau, dans sa vie comme dans son œuvre, alors que j'évoquais mes rencontres avec lui. Je prenais conscience, au fil des mes souvenirs, de l'intensité éprouvée au contact de ce personnage hors du commun et, bien sûr, controversé.

Afin de raviver ma mémoire, j'ai voulu relire quelques uns de mes articles. le concernant. J'ignorais tout de l'à-propos de cette recherche qui me permet, ce matin, d'en partager les fruits en reprenant, plus bas sur cette page, un reportage datant de 1997.

Pierre Falardeau était venu rencontrer les étudiants du Cégep de Chicoutimi. J'avais assisté à ce dialogue, aussi curieuse des questions posées que des réponses données. J'avais rapporté cet échange dans les pages du Progrès-Dimanche et, à sa lecture ce matin, je constate combien la parole de Falardeau demeure actuelle 12 ans plus tard.




Progrès-dimanche
Arts et société, dimanche 23 novembre 1997, p. B3

«Le découragement ça joue contre toi»
-Pierre Falardeau

Laforge, Christiane

Chicoutimi - Homme de paradoxe qui avoue se contredire lui-même, Pierre Falardeau a su amuser et secouer son auditoire, au Cégep de Chicoutimi, mardi dernier.

Pris de cours par la toute première question concernant sa position sur la culture et l'inculture du Québec, un peu embarrassé faute de se souvenir de ses propres déclarations à ce sujet, le cinéaste pamphlétaire a été tout à fait confronté à la deuxième intervention concernant un passage de son livre «La liberté n'est pas une marque de yogourt» dans lequel il dit que l'important n'est pas le chef mais le cœur du matelot.

«Je ne suis pas à une contradiction près, déclare-t-il, précisant qu'en fait, il croit à l'importance d'un chef même si chacun de nous est responsable. Ce que j'ai dit est complètement faux, les chefs sont importants. C'est important qu'il y ait une direction, malgré les niaiseries que j'ai écrites dans mon livre.»

L'indépendantiste a eu tôt fait de se réaffirmer en parlant de son film Elvis Graton qu'il définit comme «le résultat d'un immense écœurement, provoqué par l'échec du référendum de 1980. On demande à un peuple de voter pour la liberté et ce peuple va voter pour l'esclavage.» Propos applaudis par son auditoire qui réagira souvent dans ses déclarations les plus affirmées pour le nationalisme.

Pierre Falardeau a longuement parlé, en réponse aux questions posées, sur la censure insidieuse qui s'applique au Canada sur l'expression artistique. Il a cité des exemples où l'auteur d'un scénario doit justifier jusqu'aux articles définis qu'il utilise. La censure la plus efficace expliquera-t-il, c'est de pousser les personnes à s'autocensurer. Lorsqu'un cinéaste attend après la décision de Téléfim Canada, et que son projet de film est soumis au verdict d'avocats et de fonctionnaires, on apprend vite ce qu'il faut dire et ne pas dire, montrer et cacher. Tout comme lorsque des journalistes ou des animateurs travaillent pour un média, il se doit de savoir qui est le propriétaire pour connaître ses limites d'expression. Falardeau se voulant cependant compréhensif à leur égard, car, dit-il, «il faut payer les factures, la maison et entretenir sa maîtresse».

Il est difficile de résumer ce dialogue avec les jeunes qui a duré plus d'une heure trente. Le langage coloré de Pierre Falardeau, la spontanéité de ses réponses s'ajoutent à son propos qui est souvent mordant. «J'ai été mal élevé» avoue-t-il sans conviction, sinon celle de s'aimer ainsi et de se détester tout autant. Sentiment qu'il partage envers le Québec et les Québécois. Un pays qu'il aime parce que c'est chez lui. Il veut y vivre debout et en français, vilipendant le vendeur de pain de son quartier qui répond «what ?» au mot «pain».

Questionné sur ce qui serait, selon lui, un Québécois qui ne soit pas selon ses termes un «trou de cul», Pierre Falardeau répond en contournant la description par le sentiment d'appartenance: «C'est chez nous, c'est mes affaires. Des fois je nous aime. Des fois je nous haïs collectivement parce qu'on est mitaine, mou. L'autre jour, j'ai niaisé Céline Dion en disant: même si j'aime pas ça je suis content parce que c'est notre marde. Comme j'aime échos vedette que je n'aime pas parce que ce sont nos cochonneries.... Bon, je le sais que je suis fou...»

On doit à Falardeau plusieurs films dont Octobre, Le party, Elvis Graton. Il aurait bien voulu y ajouter Deslauriers, projet jusqu'à présent refusé. «Des projets de films refusés, il y en a cinquante par année. je ne suis pas le seul. Mais je cherche à comprendre pourquoi. Toute ma vie j'ai eu à me battre pour défendre mes projets.»

Pas question de renoncer à ce film. Pas question non plus de limiter ses prochains films, dont un Elvis Graton II qui va être soumis à Téléfilm. «Comme c'est cent fois plus politique que les Patriotes je m'attends à un refus.» Octobre a été refusé plusieurs fois avant d'aboutir à l'écran. Et voici, qu'à sa grande surprise, on le diffuse sur les ondes de Radio-Canada, station dont il dit qu'elle ne cherche qu'à contrôler la pensée des gens. «Je ne comprends pas moi-même qu'ils aient présenté Octobre. C'est peut-être la preuve que le film que j'ai fait est totalement inoffensif et donc totalement sans intérêt.»

Lorsqu'on lui demande: «T'es pas tanné d'être frustré ? », il répond en criant : «Oui. Oui. Tu penses que je devrais me faire soigner. T'as raison, mais parfois ce qui me fait marcher c'est la rage.» Il évoque ensuite Van Gogh, ce peintre dont on s'arrache les œuvres à coup de millions alors qu'il n'en a vendu qu'une seule de son vivant.

«Tu cherches un peu d'espoir autour de toi. Et tu lis la vie de Van Gogh et tu te demandes: comment, comment il a fait pour continuer à peindre alors que personne ne voulait de ses tableaux. Cela m'a donné une espèce de leçon. Il faut continuer, il faut tenir. La lutte politique c'est long mais celui qui gagne c'est le plus toffe des deux. Le découragement ça joue contre toi.»

On comprend qu'il ne sera pas tendre pour la jeune fille qui l'interroge sur l'importance d'avoir des contacts pour réussir, chose difficile, dit-elle, pour les jeunes de la relève. «J'avais pas de contact, j'étais un pauvre innocent. Tout était bouché. je ne pouvais pas faire de film, alors j'ai fait des vidéos. Si ce que tu fais est bon, un jour ça va sortir. C'est pas assuré que tu vas réussir mais il faut faire ce que tu aimes.» Comme elle insiste sur l'absence d'espoir faute de contact, il s'impatiente: «Laisse-toi pas raconter des peurs sinon lâche tout. Laisse tomber. fermer le collège... fermer le Saguenay. Avant que le monde sache ton nom c'est long, mais ça fini par marcher. Même si c'est difficile, il ne faut pas se décourager.»

Son souhait, plusieurs fois répété: «Que l'on cesse d'être une minorité de braillards.»

Ce qu'il craint: «La violence que peut engendrer des tactiques comme celui du mouvement partitionniste.»

Ce qu'il recommande: «Sortez de Passe-Partout. On n'est pas tous des petits amis. Avant 1760, vos ancêtres étaient dans la milice. Vos ancêtres ils ont fourré une volée à Georges Washington.»

© 1997 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

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Ma première grande émotion falardienne a eu lieu en regardant le film «Party». L'interprétation de Lou Babin, chantant Le cœur est un oiseau tandis qu'un prisonnier «s'évade» en se donnant la mort me hante encore. Cet envol de mots, de musique, d'images m'ont harponnée depuis, sensible et attentive à la suite du combat inlassable mené par Pierre Falardeau. J'aurais aimé retrouver cette interprétation précise. À défaut, même si le diaporama qui l'accompagne manque de profondeur, on peut entendre cette chanson interprétée par France d'Amour.




Pour compléter voici quelques liens retenus:

http://www.pierrefalardeau.com/

http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/lussier/?p=904

http://www.ledevoir.com/2008/10/11/210168.html

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lundi 14 septembre 2009

Panne de mots

Vol d'outardes
sculpture de Jean-Marie Laberge

Mon cerveau est victime d'un embouteillage. Les idées se bousculent, tant il y a de sujets qui m'inspirent. Émotion, joie, indignation, colère m'animent par moment à voir, à entendre, à lire sur le présent de ce monde. Beauté contre laideur. Générosité contre mesquinerie. Lumière contre noirceur.

Barack Obama, président des USA
Photo AP

Que dire?
Au président Obama osant une importante réforme pour assurer les soins de santé à tous les Américains, soulevant la colère de personnes incapables d'y voir une pensée sociale de bon augure dans cet état du chacun pour soi.

Au Premier ministre d'une province qui arbore la devise «Je me souviens» aurait souhaité censurer les cris d'un désespoir tragique.



Vincent Lacroix

Earl Jones
Aux victimes non protégées d'un Vincent Lacroix, d'un Earl Jones. À nos banquiers, qui multiplient les frais pour leurs clients les plus pauvres au rythme des primes qu'ils se versent entre eux sur le dos des épargnants spoliés d'intérêts légitimes.

Alors je me tais et j'écoute le chant de l'automne dans le bruissement du vent secouant les feuilles rougissantes de mon érable et les cris que poussent les outardes trop tôt revenues sur les battures de l'Anse-aux-foins.

Élika Laforge - Septembre 2009
© Photo Andrée-Anne Lachaine


Et je contemple le beau visage d'une petite Élika pensive sous les arbres.

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mardi 1 septembre 2009

Aveu de tendresse

Trois photos pour illustrer un geste en continu.

Samedi dernier, Victor, 4 mois, assis sur les genoux de son papa, assistait à une petite fête d'enfants, organisée pour célébrer le prochain anniversaire de sa sœur Élika qui aura 2 ans le 4 septembre.

Élika tend les bras

Élika saisi le visage de Victor

et

Élika...
nous fait chavirer de tendresse

Élika est
l'enfant miroir réfléchissant nos gestes.
Enfant témoin de la tendresse exprimée.

C'est aussi cela l'avenir!

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vendredi 28 août 2009

Un petit roi bien droit

Victor Laforge - Quatre mois
© Photo Andrée-Anne Lachaine

Pour célébrer le deuxième jour du quatrième mois de sa vie, notre petit Victor a montré qu'un petit roi se tient bien droit.... assis et sans support. Pour preuve le petit film mis en ligne sur le blogue ... À petits pas (ici) par sa maman Andrée-Anne.

C'est le début de la conquête.

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mercredi 19 août 2009

Hélène Beck la Louve

La Louve - Sculpture 2009
© Hélène Beck


La Louve - Sculpture 2009
© Hélène Beck

Depuis la rétrospective qui, en 2008 au Centre national d'exposition, célébrait les 50 ans de carrière de la peintre Hélène Beck, l'artiste se plait à faire de la sculpture. Un art qu'elle pratiquait depuis longtemps, comme nous avions pu le constater lors de l'exposition.

Impossible de résister à vous montrer (avec la permission de l'artiste) une de ses œuvres les plus récentes: La Louve. Une pièce d'une grande sensualité.

La Louve - Sculpture 2009
© Hélène Beck

La Louve - Sculpture 2009
© Hélène Beck

lundi 17 août 2009

En veillant Victor

Victor Laforge - Saint-Fulgence
© Photo Andrée-Anne Lachaine


Mes bras portent le poids des trois mois de ton existence, fils de mon fils, né à Chicoutimi dans la première décennie du XXIe siècle. Petit Québécois, repu du lait maternel, gavé de gestes doux, bercés de mots d'amour, tes yeux rivés aux miens alors que je te chante la beauté de ta vie... pour t'endormir.

Victor écoute
© Photo Andrée-Anne Lachaine


Victor, bien aimé petit-fils, tu m'enchantes à lutter contre le sommeil. Comme si tu éprouvais l'urgence de ne rien perdre de la vie. Je te chante l'attrait de l'abandon, le passage entre l'éveil et le sommeil, la grande aventure de tes rêves où tu chevauches un blanc coursier à la conquête d'un lendemain plein de merveilles où tu danseras avec les fées.

Loin de t'endormir, tu me souris, faisant «Ahreu...Ahreu...» chaque fois que je me tais.


« Ahreu» dit Victor -Moi dormir ? »
©Photo Andrée-Anne Lachaine


Émue, je t'invite à poursuivre cet instant, sachant que ce bonheur s'inscrit dans ta mémoire et contribue à édifier cet homme que tu seras, toi, l'héritier de nos choix.

Combien de temps encore mes bras sauront-ils être remparts contre les échos du monde?

Je n'empêcherai rien, ni les cris ni les silences, de t'atteindre. Je ne te fermerai pas les yeux ni les oreilles. Je tenterai seulement de t'apprendre comment voir et entendre avec ton cœur et ton esprit, sans la peur, sans la haine, mais le souci de comprendre.

Bientôt, l'enfant que tu es multipliera les «pourquoi?». Parfois jusqu'à l'exaspération et, plus souvent, l'amusement certain de tes grands -parents.

Et pourtant, quand tu seras un homme Victor, le Pourquoi? sera l'impérieuse question qui animera ta quête de la vérité et l'expression de ta volonté de comprendre le meilleur et le pire de ce monde.

Victor - La résistance
© Photo Ariel Laforge


Mais ce jour, petit bonhomme, dors. Dors tandis que je veille. Le temps de serrer les poings et de te battre viendra bien assez vite.

Aujourd'hui, je veux te chanter un lendemain plein de merveilles.

Victor endormi © Photo Ariel Laforge

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samedi 15 août 2009

Géants!



Gilles Vigneault au TNM - Octobre 2008
© Photo Richard Martin - La Presse

Une auditrice de CBJ me téléphone ce matin, triste de ne pas trouver chez nos disquaires une chanson dont j'ai parlé en compagnie de Paule Therrien.

Moi? Ce matin? À la radio??? Le don d'ubiquité sans le savoir? Non. La «reprise» d'une émission, ou d'un extrait sans doute, diffusée un soir de mai dans le cadre de feu l'émission Couleurs. Une entrevue de deux heures où nous avons écouté et partagé quelques disques de ma discothèque. Vive les reprises ai-je pensé, heureuse de ce témoignage enthousiaste de Madame Taché.

Pochette CD Sur les traces d'un prince (Félix)
Album de 23 titres, dont Vieillir,
paroles de Yves Moreau et Jean-Marie Vivier


J'ai compris le désarroi de cette dame. Elle a succombé au charme de Jean-Marie Vivier, ce chanteur, auteur-compositeur-interprète dont le talent avait ravi Félix Leclerc, lors d'une rencontre musicale à Nantes dans les années 1970. J'avais choisi la chanson Vieillir, sensible à cette phrase particulière : «Vieillir, ce n'est plus faire l'amour, mais c'est faire la tendresse...». J'avoue alors, avoir résisté au désir de parler de sa chanson Encore qui m'interpelle plus encore. Je vous en livrais les mots ici sur ce blogue.

Malheureusement ses disques sont difficiles à trouver. Même via l'Internet, on trouve peu de choix encore disponible. L'unique solution est d'acheter par correspondance auprès de Vivier lui-même. Il y a quelques albums encore en vente. Vivement que quelqu'un l'aide à faire une compilation complète de l'ensemble de tout ce qu'il a chanté.

On trouve aussi sur YouTube quelques vidéos de ses chansons, certaines fort bien illustrées. C'est là que j'ai cueilli ce vidéo de Vivier interprétant cette chanson de Gilles Vigneault : J'ai pour toi un lac. De toute beauté!






Deux géants réunis.

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dimanche 2 août 2009

Sol en France avec Julien Tremblay

Sol retrouve une voix - Julien Tremblay
© Julien Tremblay


Julien Tremblay s’en va-t-en France
donner sa voix aux mots de Sol.



© Julien Tremblay

Cet enseignant à la retraite a entrepris sur scène, depuis 2004, un parcours amoureux à la mémoire de Marc Favreau.

Après ses débuts modestes pour animer quelques rencontres familiales et associatives, notamment les retraités de l’Areq, Julien Tremblay a transformé un exercice de mémoire en véritable spectacle, mis en scène par un ami du nom de Gilles Pilote. Après le Café-Théâtre Côté-Cour de Jonquière et la Boîte à Bleuets au printemps dernier, notre Solien de Chicoutimi sera entendu le 9 octobre 2009 à La Couronne, ville voisine d’Angoulême, pour l’ouverture de la saison théâtrale. Il donnera aussi une représentation en milieu scolaire, me confirme-t-il par courriel.

Et qui sait, d’ici octobre, d’autres feuilles d’automne peuvent tomber sur la route de France qu’il a souvent fréquentée pour y chanter et où, en mars dernier, il a ouvert les portes à l’Ensemble Bouffon qui a tant plu qu’il y retournera en 2010.

© Le Quotidien - Texte de Christiane Laforge

J’avais rencontré ce sympathique personnage en août 2005 alors qu’il était, avec son fils Jean-Philippe, invité au grand rassemblement des Anciens de la Couronne qu’il avait déjà séduits par son interprétation de La langue de chez nous d’Yves Duteil, des textes de Jean Narrache et quelques monologues d’Yvon Deschamps.





Julien Tremblay interprète Sol de Marc Favreau
© Julien Tremblay


Heureux hasard, je l’ai retrouvé en 2007 dans les souliers de Sol. «En 2004, précisément le 1er janvier raconte-il, j’entends pour la première fois «Le géant», monologue de Sol en hommage à Félix Leclerc. Je me suis dit, il faut que je le sache.» Sensible à la subtilité des mots, Julien Tremblay s’est trouvé son frère d’âme. «Pourquoi j’écrirais mes propres monologues? Sol a dit tout ce que j’aimerais dire. Il a fait une critique sociale très intéressante.»

Il me confia alors : «J’aimerais vraiment qu’il se passe quelque chose!»



Texte de Christiane Laforge
© Progrès-Dimanche 2007


Texte de Daniel Côté
© Le Quotidien 2009


Ténacité et amour sincère de Favreau ont convaincu les fées. Il se passe quelque chose: Julien Tremblay s’en va-t-en France dans les souliers de Sol.




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dimanche 26 juillet 2009

Le médecin malgré lui du théâtre 100 Masques

Alexandre Larouche, Mélanie Potvin, Marc-André Perrier,
Émilie Jean, Pierre Tremblay, Jérémie Desbiens, Martin Giguère

Le Médecin malgré lui - Le Théâtre 100 Masques
© Jeannot Lévesque- Photo Sylvain Dufour

Vent de rire et de fraîcheur a soufflé sur Chicoutimi. Hier soir, la petite salle Murdock, toute de noir vêtue, s’égayait des répliques piquantes d’un Sganarelle (Pierre Tremblay), médecin malgré lui et fort aise de l’être lorsque les écus sonnant ont remplacé les coups de bâton frappant.

Mélanie Potvin (Martine), Pierre Tremblay (Sganarelle)
Le Médecin malgré lui - Le Théâtre 100 Masques
© Jeannot Lévesque- Photo Sylvain Dufour

Pour célébrer son dixième anniversaire, le Théâtre 100 Masques s’est offert une farce de Molière comme une récréation où pouvoir utiliser tous les jeux de scènes possibles, s’amusant de la forme plutôt que d’en interroger le sens. L’un n’excluant pas l’autre, mais ouvrant le jeu de scène à des pirouettes physiques et verbales parfaitement inutiles si ce n’est d’y prendre plaisir à le faire autant qu’à le voir faire.

Tout commence devant les rideaux clos, alors que trois hommes en noir vont nommer un à un les 67 donateurs de cette production estivale afin de les remercier. Évitant un protocole fastidieux, ils secondent une comédienne, extirpée d’une malle transformée en minuscule scène, qui, pour chaque nom et profession nommés, déclame une citation appropriée puisée dans les textes de Molière. Toute une lecture des pièces de cet auteur pour en extraire «la» phrase se mariant le mieux avec la fonction du mécène. Un feu roulant, très théâtral, donnant le ton à ce qui va suivre.


Christian Ouellet, metteur en scène et comédien
Ici dans une scène de La Cerisaie - Les Têtes Heureuses
© Jeannot Lévesque


La mise en scène de Christian Ouellet est toute en vivacité. Les trois actes de la pièce Le Médecin malgré lui vont se dérouler tambour battant. Pas d’interruption entre les scènes qui changent de lieu aussi simplement que défile un drap sur une corde à linge. Double draps sur lesquels on a peint l’intérieur d’un riche salon.

Ingéniosité, rythme, mouvements et verbes. Rien ne manque dans ce jeu débridé aux accents incroyables soutenant un texte adapté de façon à assurer une sorte de concomitance entre la langue classique du temps de Molière et la langue vernaculaire de milieux québécois.

Alexandre Larouche (Léandre), Émilie Jean (Lucinde)
Le Médecin malgré lui - Le Théâtre 100 Masques
© Jeannot Lévesque- Photo Sylvain Dufour

Le propos de Molière trouve échos auprès du public saguenéen fort réjoui des tirades échangées sur le mariage, la médecine et l’amour. La salle était petite, mais elle était pleine. Le théâtre 100 Masques aura joué plusieurs soirs à guichet fermé. Une bien agréable soirée… Trop vite passée s’étonnait mon voisin qui doutait avoir assisté aux trois actes.

Un bon choix du metteur en scène que ce rythme soutenu, sans doute très exigeant pour les comédiens qui ont su maîtriser la difficulté que représente (du moins je le crois) la grande proximité du public, en raison de l’espace dévolu à ce théâtre.


Marc-André Perrier (Valère), Martin Giguère (Géronte),
Jérémie Desbiens (Lucas)
Le Médecin malgré lui - Le Théâtre 100 Masques
© Jeannot Lévesque- Photo Sylvain Dufour

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Dario Larouche - Théâtre 100 Masques
Directeur général et artistique depuis 2007
© Jeannot Lévesque

Le Théâtre 100 Masques (TCM) a été fondé par Sophie Larouche, Maryse Lavoie et Magalie Roy en 1999, alors étudiantes de l’Université du Québec à Chicoutimi, afin d’offrir des opportunités d’emplois à la relève, principalement issue du baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’UQAC, et ainsi l’encourager à demeurer dans la région.
(Source : www.théâtre100masques.ca)


Organisme sans but lucratif incorporé en 2004, Le TCM a produit, entre autres, Andromaque de Jean Racine, Fin de partie de Samuel Beckett, Les Nuits Blanches de Dostoïevski, Les précieuses ridicules, de Molière et La Serva Amorosa, de Carlo Goldoni et plusieurs œuvres d’auteurs de la région, dont l’actuel directeur général et artistique Dario Larouche.

En 2005, le Théâtre 100 Masques reprend les ateliers de théâtre auprès des jeunes, activités que tenait le Théâtre L’Eau-Vive (issu du théâtre Le Frou-Frou). Les ateliers et camps intensifs tenus par des professionnels de la scène saguenéenne.

«Depuis 2007, la mission du Théâtre 100 Masques consiste à développer un espace de recherche actif axé sur l’exploration de la forme théâtrale et/ou de la théâtralité… En d’autres termes, il s’agit d’un parti pris marqué pour le metteur en scène et le langage de la scène.»
(Source : http://theatre100masques.blogspot.com/)


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vendredi 24 juillet 2009

J'irai voir Le Médecin... malgré lui

Ayant appris mon nouvel état de «vacancière à jamais», quelqu’un me demande, inquiet comme devant une personne en deuil :

- Que vas-tu faire maintenant?


- Trouver le temps de ne rien faire, ai-je répondu.

Car c’est bien cela le plus difficile.

Quoique, je ne trouve pas non plus le temps de faire tout ce que je voudrais. Je croyais ne rien manquer des moments magiques qui ont lieu tout l’été au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je pense au Rastel à la Pulperie, aux concerts de la cathédrale, à Rosalie à Sainte-Rose-du-Nord, aux pièces de théâtre un peu partout et à plusieurs autres spectacles. MAIS je ne manquerai pas la nouvelle production du théâtre 100 Masques, qui se termine déjà ce dimanche 26 juillet, à la salle Murdock de Chicoutimi.

À Chicoutimi - Salle Murdock
Le médecin malgré lui de Molière
Une production du Théâtre 100 Masques


Je viens de réserver. Ouf! Il était temps. C’est complet ce soir (vendredi) et les réservations vont bon train pour les deux dernières représentations. Vivement demain!

Pierre Tremblay - Sganarelle
Le médecin malgré lui - Molière
Théâtre 100 Masques © Photo Alexandre Larouche

J’ai un plaisir fou à anticiper l'intensité d’une telle soirée. Lorsque, il n’y a pas si longtemps, assister à un spectacle se disait «travailler», j’aimais… Tout en appréhendant la possibilité que la critique pourrait être déçue et, par ricochet, décevoir à son tour l’espoir de ces artistes ayant tout investi d’eux-mêmes dans leur performance. Aujourd’hui, je m’abandonne à la joie de céder à ma propre passion d’un art. Advienne que pourra, même si je sais que mes doigts ne résisteront pas à danser leur opinion sur le clavier. Ce ne sera pas une obligation, mais un débordement.

Cette production du Théâtre 100 Masques, mise en scène par Christian Ouellet, a reçu bien des éloges, comme on peut lire sur le blogue de Denise Pelletier, ici et Patricia Rainville dans le Quotidien du 18 juillet 2009.

Le Quotidien - 18 juillet 2009 - page 23
Article disponible sur nouveau.eureka.cc

jeudi 23 juillet 2009

Savoir s'entourer

Un petit clin d'œil à un de «mes» photographes, Rocket Lavoie, membre de l'équipe de Jeannot Lévesque, chasseurs d'images pour le Progrès du Saguenay.


Je n'ai pu résister à la tentation de démontrer à quel point
Rocket excelle dans l'art de s'entourer.

© Jeannot Lévesque photographe - Rocket Lavoie

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mardi 14 juillet 2009

La passionara d'Ecce Mundo


Eduardo Lopez et Julie Dubois-Gravel
Ecce Mundo 2 Passionara - Passion Tango
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour

Pour sa dixième année de représentation, Ecce Mundo a mué avec superbe. La passionnara d’Ecce Mundo est incontestable. Oui, tout est passion dans cette revue musicale unique, présentée à Chicoutimi.

Chaque année, on s’étonne de constater la performance de ces jeunes dansant les pas d’une humanité en évolution. Explosion de sons et de couleurs empreintes de la diversité des cultures à travers les temps! S’il est un spectacle universel par excellence c’est bien celui-ci. Universel par sa conception, par son contenu autant que par ce langage des mouvements, des sons et des costumes.

La Bielorussie
Ecce Mundo 2 Passionara
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour

J’aime les excès joyeux. Les belles folies qui nous embrasent le cœur et l’esprit dans l’euphorie d’un moment d’exception. C’est ma règle de vie. Les grands moments se célèbrent par un geste un peu fou. À l’heure de mon «retrait» du quotidien journalistique je me suis dit : je m’offre le traitement VIP d’Ecce Mundo 2 et j’y convie mon amoureux et deux amis afin qu’ils découvrent cette production d’envergure qui m’enchante depuis si longtemps. L’heure était propice : nouvelle page de vie et spectacle renouvelé.

Ecce Mundo 2 Passionara
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour

C’est ainsi que, pour la première fois, je me suis assise dans la première rangée de la salle. Et, sans bémol, j’avoue en avoir eu plein la vue. La proximité s’est révélée une expérience particulièrement intéressante, percevant l’intensité de l’effort, de l’émotion. L’éclat du plaisir dans les yeux, l’insidieux soupçon de crainte dans la difficulté d’un mouvement et la fierté perceptible effleurant le sourire.

Ecce Mundo 2 Passionara
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour

Ecce Mundo 2 amplifie les forces de la première production, attaquant le premier mouvement avec plus de dynamisme. L’introduction, à la fois sobre et moderne, résume les temps confondus en complicité avec une musique intemporelle dans son essence. Comme si les sons et les mouvements s’inspiraient en crescendo de la science acquise de tout ce qui s’est fait depuis 2000 ans.

La fête médiévale est un moment d’exubérance, d’éclatement acrobatique où Philippe Dufresne livre une démonstration impressionnante de souplesse.

Précédant le menuet, nettement amélioré, on a gardé le numéro de chant de Farinelli. Bien exécuté. Mais peut-on questionner le maintien de ce choix? Surtout qu’il est livré dans une tonalité qui ne crée pas l’illusion de la voix du célèbre castrat, mais impose toute la féminité de la soprano. C’est malgré tout l’occasion de redécouvrir la voix de Sonia Simard, plus ample, plus pleine qu’elle ne l’a jamais été, plus épanouie. On lui doit d’ailleurs un très beau duo vocal avec Keven Lemay dans Heure exquise.


Ecce Mundo 2 Passionara
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour




Ce que j’appelle la danse de Shiva Nâtarâja
Ecce Mundo 2 Passionara
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour

À souligner l’incursion en Orient, avec ce que j’appelle la danse de Shiva Nâtarâja. Danse étrange et spectaculaire, comme les costumes de Biélorussie et comme le solo de flamenco dansé par la flamboyante Julie Lévesque. Je demeure une inconditionnelle de Fougueuse passion avec l’inoubliable duel entre énergie irlandaise et flamme latine du numéro Firedance (Marie Breatnach). Mais je retiens, ente tous, le tango très expressif et d’une intense sensualité réunissant Eduardo Lopez et Julie Dubois-Gravel. Un duo de feu où le geste rend éloge à la passion accentuée par le regard sans retenue dont le danseur couvre sa partenaire.

Eduardo Lopez et Julie Dubois-Gravel
Ecce Mundo 2 Passionara - Passion Tango
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour


Eduardo Lopez et Julie Dubois-Gravel
Ecce Mundo 2 Passionara - Passion Tango
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour

Tous ces numéros se suivent à un rythme rapide. Pas de temps mort. Tout est vivacité et maîtrise. Incluant les éclairages qui s’intègrent au spectacle comme partenaires actifs.

Plus près d’eux que je ne l’ai jamais été, j’ai été frappée par la qualité du maquillage. Sans tomber dans le piège des traits soulignés de façon outrancière, ils sont mis en valeur, accentués oui, mais sans excès.

Autre plaisir de cette soirée du 10 juillet, le retour de Sylvia Louis, la magique acrobate du tout premier Ecce Mundo de l’An 2000. Toujours aussi spectaculaire et gracieuse, que ce soit sur cerceau ou sur drapé aérien.



Sylvia Louis - Farewell (Apocalytica)
Ecce Mundo 2
Passionara
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour

Sylvia Louis - Farewell (Apocalytica)
Ecce Mundo 2 Passionara
© Jeannot Lévesque - Photo Sylvain Dufour

Ecce Mundo 2 : Passionnara, un spectacle conçu par Ariane Blackburn, des numéros créés par des jeunes chorégraphes d’ici, interprétés par des jeunes artistes étonnants. Une envolée musicale professionnelle produite, réalisée et présentée dans une galaxie si près de chez vous…
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Pour compléter, un très bon compte-rendu de ce spectacle de Patricia Rainville, publié dans Le Quotidien du 11 juillet 2009.

Ecce Mundo 2 - Texte de Patricia Rainville
© Le Quotidien
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Note : Les photos de Sylvain Dufour, publiées sur ce blogue grâce à la permission gentiment accordée par Jeannot Lévesque photographe, ne concernent que des numéros de la première partie du spectacle Ecce Mundo 2 - Passionara, excepté celles de Passion Tango.

mercredi 8 juillet 2009

Petit bonheur

Victor Laforge - 10 semaines

Un mercredi de soleil. Le sourire de mon petit-fils sous les yeux. Et bientôt l'odeur du pain, pétri à la main ce matin, embaumera la maison heureuse.

Petits bonheurs à profusion. Belle vie!

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jeudi 2 juillet 2009

De la tentation totalitaire délivrez-nous

Si imparfaite soit-elle la démocratie demeure actuellement la meilleure façon d’administrer le pouvoir. Force est de constater que certains conseils d’administration assimilent mal ce système qui exige l’écoute et le respect des voix exprimées.

Au printemps dernier, un président d’organisme culturel s’est octroyé le pouvoir absolu d’un choix douteux auquel se sont silencieusement soumis les membres du conseil d’administration. J’en ai suffisamment parlé ici et .

Il y a quelques jours à peine, un autre conseil d’administration, celui de la Coopérative de développement culturel de Chicoutimi fondée en 1974, mieux connue sous le vocable Théâtre du Saguenay, a manifestement renié les droits de certains de ses membres en leur adressant une lettre pour les dissuader de ne pas se présenter à l’assemblée générale annuelle du 30 mai dernier à La Baie. Dans Le Quotidien du mardi 30 mai, texte de Stéphane Bégin, et sur les ondes de Radio-Canada, on peut prendre connaissance de ce fait.



Le Quotidien, mardi 30 juin - Stéphane Bégin

Finalement, c’est heureux!, les membres de la coopérative, présents à l’assemblée générale ont renversé la décision d’exclusion prise par le Conseil d’administration (via une réunion téléphonique de certains administrateurs et non pas de tous) en raison de l’opposition affirmée de ceux-ci à l’égard de la rénovation de l’auditorium Dufour. Le président Vassilis Fasfalis a été sévèrement blâmé et les membres ont dénoncé l’incohérence du CA.

«Les membres de la Coopérative de développement culturel de Chicoutimi qui gère le Théâtre du Saguenay exigent des comptes. En assemblée générale annuelle, mardi soir, ils ont accusé le conseil d'administration, et son président Vassilis Fasfalis, de manquer de transparence, de cohérence et d'honnêteté. Certains ont même qualifié le CA "d'organisation boiteuse ayant d'importants problèmes de gouvernance". Ceux-ci ont été priés de consulter leurs membres avant de prendre position en leur nom», lit-on dans Le Quotidien de ce jeudi 2 juillet.

Enfin! Peut-on espérer que la population concernée et active dans le domaine culturel reprenne vraiment sa place. Les gens élus ou nommés à la direction des organismes culturels sont les mandataires des décisions que prennent ceux qu’ils représentent. Ils n’ont d’autre pouvoir que celui qui leur est prêté. Lorsqu’on se soumet, lorsqu’on se laisse bâillonner ou que l’on s’abstient d’agir, on cautionne. L’inaction d’un peuple est le meilleur allié de la dictature… Ou, à défaut, de l’incompétence.

Plusieurs personnes, présentes à cette assemblée, ont eu la gentillesse de répondre par courriel à ma demande d’information concernant cette assemblée que l’on décrit houleuse et qui a duré 4h30.

Outre le reversement de l’exclusion de Me André Salesse et des musiciens à l’origine d’une pétition en faveur d’une salle de concert, Éric Dufour et Marie Gilbert Thévard – ces deux derniers ont assisté à l’assemblée générale - voici plusieurs points majeurs que confirment les multiples témoignage qui m’ont été adressés depuis hier :

- Motion de blâme à l’égard du président Fasfalis pour la gouvernance du Théâtre du Saguenay.
- Annonce surprise de la vente du Cabaret urbain Opéra au montant d'un dollar. Le nom de l’acheteur n’a pas été dévoilé.
- Opération déficitaire influant sur une perte nette (180 000$ avance Le Quotidien) pour l’exercice finance se terminant le 30 juin 2008.Le montant est difficile à déterminer, aucune copie des états financiers n’était disponible pour les membres. Rappelons qu’il n’y a pas eu d’assemblée générale annuelle de la Coopérative (Théâtre du Saguenay) en 2008.
- Élection de cinq nouveaux administrateurs, mandat de trois ans, dont un employé du Cégep de Chicoutimi occupant un poste de gestion et Éric Dufour du Conservatoire de musique.
- Demande la tenue d’une assemblée générale spéciale des membres dans les plus brefs délais concernant le projet de la salle de spectacle. L’aval de la majorité des membres de l’assemblée sera requis pour tout projet de salle de spectacle (spectacle-multifonctionnelle-de concert, ou autre dénomination)
- Rendre disponible rapidement les règlements généraux (à jour) et les copies des états financiers au 30 juin 2008.


Porte-parole habilité du Conseil régional de la culture, la conclusion de Lucien Frenette est éloquente. Il m’écrit : « À titre de directeur général du CRC, j'assiste à chaque année à plusieurs assemblée générale annuelle (AGA) de différents organismes (Pulperie, Maisons des Bâtisseurs, Chambres de commerces, ATR, Langage Plus, CLD, etc.) et je peux vous dire que le TDS, qui gère un budget de près 1,6 million, ne rencontre pas les exigences requises en matière de gouvernance et de respect envers ses membres.»

Salle de spectacle

Récemment, sur les ondes de CBJ, Jean-Pierre Girard invitait mon confrère, le très informé journaliste Daniel Côté, pour tenter de brosser un portrait de la «saga salle de spectacle». Je l’ai retrouvé sur Youtube.


Entrevue de Jean-Pierre Girard à CBJ
avec Daniel Côté, journaliste au Quotidien


***
Et pour mémoire, voici un document souvenir
qui nous a fait rêver en 2005.


samedi 27 juin 2009

Gatien Moisan, trop de silence

Marche au crépuscule - Gatien Moisan 2008
Photo invitation rétrospective au CNE de Jonquière


Que de silence sur la rétrospective de Gatien Moisan qui se tient au Centre national d’exposition de Jonquière. Quarante-huit ans de carrière de cet artiste intemporel passeront-ils inaperçus? Pas assez «pop» pour la Une des médias de la région?

Voilà pourtant une exposition remarquable en tout point. D’une modernité à faire pâlir bien des métropoles tant la démarche de ce peintre est d’une richesse dont la principale qualité est sa constance dans la quête de la perfection.

Lorsque l’on pénètre dans la salle d’exposition dédiée à son œuvre, le regard est happé par ses œuvres les plus récentes. Toiles qui ont été exposées au Toqué rouge et dont je parle ici.

Les plus achevées? Non, car de tout temps Gatien Moisan n’a cessé de traquer le visible dans sa plénitude, avec les outils de l’époque. En cela, il devient un des plus futuristes de nos artistes. Visionnaire qui dépasse le présent et pour cela peut-être considéré, à tort, inaccessible.

La rétrospective chemine de son art actuel à celui de ses débuts. Pourquoi chercher d’autres mots que ceux de la commissaire à l’exposition, Denise Pelletier, qui écrit dans le dépliant de l’exposition, hélas privée d’un catalogue qui aurait pourtant été essentiel autant que justifié, laquelle écrit : «Aujourd’hui il arrive à un résultat fascinant, comme en témoignent ses toiles, où sont combinées, juxtaposées, superposées et entrelacées les images, les photographies, les formes et les couleurs. Il aborde l’infographie comme il le fait pour les autres médiums : par réflexion, exploration, calcul, minutie, recommencement.»

En pénétrant dans le temps de ces quatre décennies, le visiteur constate la logique et la rigueur de la démarche de Moisan. Sur ses toiles, on voit la grandeur humaine confrontée à l’espace. Et s’il utilise son propre corps nu pour en exprimer la forme et le sens, s’il s’empare de ce qui l’entoure – entre autres sa fille enfant, les rochers de Sainte-Rose-du-Nord – c’est que l’objet est le tremplin d’une réflexion picturale qui nous entraîne aux confins d’une vision. En cela, Gatien Moisan est l’artiste dans ce qu’il a de plus noble et de plus absolu.

Je ne répèterai pas ce que j’ai dit plus tôt sur ce blogue (ici), sinon qu’il serait temps de poser un regard sur l’art quand il est pratiqué avec superbe.

Souhaitons que le Centre national d’exposition de Jonquière consacre un espace de son site Internet à l’œuvre de Gatien Moisan et y publie l’intégrale du très beau texte de sa commissaire afin, non seulement qu’il subsiste des traces de cet important travail réalisé pour la rétrospective, mais aussi pour inviter les internautes du monde à découvrir la qualité de nos artistes. Il est plus que temps d’inscrire ce que nous sommes sur la grande Toile du XXIe siècle.

L’exposition rétrospective des œuvres de Gatien Moisan est à voir au Centre national d’exposition de Jonquière jusqu’au 20 septembre.

L’œuvre de toute une vie et pourtant c’est gratuit!


Gatien Moisan
© Photo Rocket Lavoie



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Doux moment

Élika Laforge
J'ai déjà publié cette photo, mais elle est si belle
que je la voulais pour illustrer ce propos
© Andrée-Anne Lachaine

Après des jeux, des mots doux, beaucoup de câlins, Élika se prépare à dormir. Assise près de son lit, je veille les battements de ses paupières. Cet instant me propulse dans le passé, dans le même climat d’infinie tendresse, alors que son papa, au même âge, luttait contre le sommeil. Et, comme je le faisais pour lui, je me suis mise à chanter la berceuse de Mozart. La petite, le regard fixé sur moi, écoutait sans bouger. Je termine le premier couplet par «dors petite princesse dors…». Temps suspendu… Soudain Élika lance «Bravo!» et applaudit. Une marée d’amour m’envahit. Je ris et poursuis la chanson jusqu’à ce que le sommeil l’emporte vers la lune aux reflets changeants.

Voici la berceuse trouvée sur Youtube,
interprétée par Nana Mouskouri.




Et voici les paroles

Berceuse de Mozart

Mon bel ange va dormir
Dans son nid d'oiseau va se blottir
Et la rose et le souci
Là-bas dormiront aussi
La lune qui brille aux cieux
Voit su tu fermes les yeux
La brise chante dehors
Dors, mon petit prince, dors
Ah! dors, dors

Mon ange a-t-il un désir?
Tout pour lui n'est que joie et plaisir
Un jouet il peut changer
Il y a un mouton et berger
Il y a chevaux et soldats
S'il dort et ne pleure pas
Il aura d'autres trésors
Dors, mon petit prince, dors, ah! dors

Mon petit prince au réveil
Recevra les présents du soleil
Qui seront de beaux habits
Brodés d'or et de rubis
La lune d'un fil d'argent
Avec un reflet changeant
En aura cousu les bords
Dors, mon petit prince, dors, ah! Dors


Élika dans son petit lit de bois
© Andrée-Anne Lachaine


Mission accomplie!

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mardi 23 juin 2009

La chanson rebelle

Stera - Afghan Star
En arrière plan Elaha Sorue


Ce matin, j'ai écouté l'émission Grand reportage portant sur Star Afghanistan (2005), sauvegardé sur mon ENP (enregistreur numérique personnalisé). Les participants franchissent une frontière entre l'obscurité imposée plusieurs années par les Talibans et l'aube d'un lendemain qui chante que désirent les jeunes Afghans. Mais le risque n'est pas le même selon que l'on soit un homme ou une femme.

Pour les deux jeunes chanteuses parmi les dix concurrents de SA, c'est leur réputation et leur vie qu'elles ont mis en jeu. Élaha Sorue, éjectée à la demi-finale, a été menacée de recevoir de l'acide au visage par un inconnu et par des membres de sa familles. Quant à Setara, retirée dès la seconde émission, elle a provoqé un tollé de protestations en dansant tout en chantant. Oh! scandale! La voilà traitée de putain et menacée de mort. En peut en voir un extrait ici.

Chanter peut devenir un acte de guerre pour ces rebelles Afghanes ou une arme de combat si l'on écoute ce chant de Boris Vian, «Le déserteur». Cet autre rebel, Boris Vian, mort le 23 juin 1959, comme nous le rappelle Denise Pelletier (ici).



lundi 22 juin 2009

Mon pays est un fjord

Irrésistible tentation

La flèche littorale - Saint-Fulgence
© Photo Denise Pelletier


Fidèle lectrice du blogue Spécial du jour, je découvre cette superbe photo d'un point de vue exceptionnel - oui, je multiplie les superlatifs! - révélant un coin de MON pays. La flèche littorale de Saint-Fulgence, à peine deux kilomètres de la Maison heureuse (chez moi)

« La flèche littorale de St-Fulgence, explique Denise Pelletier sur son blogue, est une formation rocheuse naturelle et disposée perpendiculairement à la ligne du rivage sur une longueur de 650 mètres. Cette longue bande de sable et de roche s'est formée là où se rencontrent l'eau salée et l'eau douce. Sa particularité, c’est qu’elle est disposée perpendiculairement à la côte, alors que les flèches littorales (il en existe un peu partout dans le monde) sont en général parallèles à la rive. C’est d’ailleurs la plus longue flèche perpendiculaire au rivage en Amérique du Nord. »

Mer à Denise pour la permission accordée de publier cette photo.

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vendredi 19 juin 2009

Téléchargements illégaux, loi Hadopi édentée

Ouf!

Le Conseil constitutionnel de la France a censuré en grande partie la loi Hadopi qui vise à combattre le téléchargement illégal. J'en disais (ici) tout mon inquiétude, sachant que cette loi séduisait certains Québécois, nullement préoccupés des droits et libertés constitutionnels.

Le Conseil indique que «c'est à la justice de prononcer une sanction lorsqu'il est établi qu'il y a des téléchargements illégaux», peut-on lire sur ZDNet.fr

On peut lire certains réactions (ici), ainsi que le reportage de Christian Rioux, correspondant à Paris du journal Le Devoir: « Celui-ci (le Conseil constitutionnel) a jugé qu'elle ne respectait pas la présomption d'innocence et que les sanctions prévues étaient anticonstitutionnelles. D'ici à la fin du mois, la loi sera tout de même promulguée. Mais chacun sait qu'elle n'aura pas de dents. »

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Une pacotille de petits villages, dixit Michèle Richard

Encore elle!

Peintre amateur depuis 1984, qui n’a jamais exposé (si l’on excepte le Manoir Morin-Heights), jamais été soumise à la critique, jamais participé à quelle qu’activité d’importance que ce soit en arts visuels et totalement inconnue dans le monde de la peinture professionnelle, Michèle Richard rejette d’un revers de la main (de la bouche plutôt) les arguments des personnes qui ont osé contester sa présidence, à ce titre comprenons-le, du Symposium international Jean-Paul Lapointe. Et je la cite :

«Ce n’est pas une pacotille de petits villages qui va me déranger», déclare-t-elle.

Voilà en quelle estime elle considère la ville hôtesse qui l’accueille cette fin de semaine.

On peut l’entendre sur le site de CBJ alors qu’elle accordait une entrevue à l’émission Café, boulot, dodo animée avec brio par Doris Larouche, dont voici le lien:
http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/emissions/emissionV0.asp?pk=920

mardi 16 juin 2009

Wouf!


Depuis une semaine, assistant à différents évènements culturels, j’ai cessé de compter le nombre de fois où l’on m’a demandé :

- Christiane, que pensez-vous de la présence de Michèle Richard (et de son chien) au symposium de peinture?

- Je pense qu’elle serait parfaite pour présider une exposition canine, ai-je rétorqué sans rire.

J’ai déjà (ici) exprimé ce que je pense de ce choix qui, selon le témoignage de personnes bien placées dans la hiérarchie de l’organisation du Symposium international Jean-Paul-Lapointe, n’aurait pas été débattu au sein du conseil d’administration. Ce serait le choix d’une seule personne qui aurait fait taire la dissidence en affirmant que tout était conclu et donc trop tard pour modifier cette décision devenue, dans les faits, un choix imposé.

Aperçu de la page 35
Le Quotidien samedi 13 juin


J’ai lu, dans Le Quotidien et le Soleil du samedi 13 juin, que trois artistes professionnels, Hélène Beck, Thérèse Fournier et Jérémie Giles ont, pour cette raison, donné leur démission. Ils ne participeront pas à ce symposium de peintures et de sculptures qui se targue de réunir des artistes professionnels réputés, où un comité de sélection a pour mandat d’évaluer puis d’accepter ou refuser les artistes selon des critères sélectifs bien précis.



Lettre de Jérémie Giles
Publiée à la page 11 dans Le Quotidien de mardi 15 juin
Texte complet à la fin de cette page


Ébahis et fortement ébranlés en apprenant que Michèle Richard aurait l’honneur d’être leur présidente, plusieurs peintres et sculpteurs, m’ont exprimé leur désarroi.

- Que ferais-tu à ma place?

- À la mienne, je me tirerais de là. À la tienne, je ne peux pas décider. Comment renoncer à participer à un symposium qui a attiré sucessivement 40 000 personnes (2000), 35 000 (2002) et près de 25 000 à sa dernière édition (2007)? Doit-on risquer l’absence ou cautionner un choix contestable et contesté? Quelle clientèle veut rejoindre la pensée «populiste» qui anime les organisateurs: des visiteurs intéressés à l’art visuel? Ou des voyeurs curieux de voir un vedette faisant les manchettes pour les mises en accusations répétitives et les acquitements tout autant répétitifs) ?

- Mais si on me met sur la liste noire pour le prochain symposium?, s’inquiète le peintre.

- Je doute fort que cela puisse se faire et encore moins se justifier. Mais voilà bien pourquoi je ne peux pas dire, ni à toi ni à qui que ce soit, quoi faire? C’est très personnel comme décision.

Ce dialogue s’est répété plus de cinq fois depuis la parution de la Une du Quotidien dévoilant le nom de la présidente d’honneur.

Michèle Richard peint en dilettante depuis 1984, soit 25 ans. Un loisir très légitime. Mais rien à voir avec le travail des artistes inscrits au symposium international de Chicoutimi.

J'ai été voir sur la Toile (ici), les photographies des peintures signées par Michèle Richard. Que dire de ce que j’ai vu? Peu de créativité, pas de style personnel. Pire, on constate une nette et «visible» dépendance de cette peintre «amateure» envers les modèles (cartes d’artistes, photographies) qu’elle reproduit avec fidélité. Signalons, entre autre, cette troublante parentée entre ses chaumières et les peintures de l'américain Thomas Kinkade. Cela accentue notre perplexité de la voir présider un symposium international réunissant des créateurs en art visuel.

Souhaitons qu’aucun cachet n'ait été versé pour tenir ce rôle. Sinon, l’esprit du fondateur de ce symposium - qui, plusieurs fois, a fait don de ses œuvres pour investir les bénéfices de leur vente dans le fonds servant à la tenue de cet évènement - aura vraiment été trahi.

Voilà ce que j'en pense!

***

Réponse de Jérémie Giles

En réaction aux propos tenus par le président du Symposium international Jean-Paul-Lapointe, Monsieur Jean-Guy Maltais, dans l’édition du samedi 13 juin 2009 du journal Le Quotidien, la présente s’adresse aux 12 membres du conseil d’administration de cet évènement.
Par déférence à votre égard, j’aurais préféré que ma décision de me retirer de la sixième édition du symposium demeure entre nous et ne fasse pas l’objet d’un débat public. Je n’avais pas l’intention de polémiquer autour de la question de votre choix de la présidence d’honneur. Mais puisque vous avez rendu publique ma décision personnelle, je me vois obligé de réagir afin d’apporter quelques précisions.
Votre président dit « que j’aurais donné le nom de la présidente d’honneur comme prétexte et qu’il considère que c’est un jugement. »
Qu’il soit bien clair que ma décision de me retirer fut immédiate, suite à l’annonce de votre choix quant à la présidence d’honneur. NON! Ce n’est pas un prétexte, c’est la raison! Cela et aussi votre façon de procéder, Je remercie votre président pour considérer que j’ai fait preuve de jugement, cette faculté de l’esprit qui permet à nous tous de juger et d’apprécier. Bref! de nous faire une opinion. Voilà qui me réjouit !
Je ne connais pas le rouage interne de votre organisation, mais je suppose que cela fonctionne selon les règles usuelles pour tous les salons et symposiums du genre. À savoir: un conseil d’administration qui décide, par le vote majoritaire de ses membres, de la démarche de la manifestation et des nominations nécessaires au bon fonctionnement de l’événement. De plus, un conseil qui s’assure de l’indépendance et des qualifications des membres désignés du jury, lesquels doivent examiner et ultimement choisir les candidatures de ceux et celles qui prendront part aux activités du symposium. Si c’est de cette façon que vous opérez, je vous dis CHAPEAU !
Concernant votre détermination de rendre l’événement moins élitiste, vous devriez changer de formule. Un symposium est, en soi, une manifestation constituée d’élites. Alors, je suggère très respectueusement une formule où l’élitisme est complètement absent. Voici ma suggestion: « L’INTERNATIONAL DU CHAPEAU », qui aurait comme slogan : « VOUS N’ÊTES PAS OBLIGÉ D’EN FAIRE POUR EN FAIRE PARTIE ».
Il s’agirait de lancer une invitation autour de la planète et ne demander que le nom et l’adresse de ceux ou celles qui aimeraient participer à une véritable foire de l’art visuel. Dans un grand chapeau, spécialement confectionné pour l’occasion, on y introduirait tous les noms et l’on y pigerait, au hasard, le nombre désiré de participants. Quoi de moins élitiste? Qui sait, ma tante Rosanna qui a suivi des cours de peinture à l’huile sur toile auprès d’une certaine dame du nom de Murielle, quelque part en Floride dans les années 1980, pourrait être chanceuse et, enfin, pouvoir participer à un événement culturel d’envergure. Ce n’est qu’une suggestion qui demande à être peaufinée un brin. J’éviterais le sourire à ce stade-ci, car celui-ci pourrait être perçu comme du sarcasme de ma part et pourtant! Alors, rions-en, c’est bon pour le moral !

Jérémie Giles
gilesartplus@sympatico.ca


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Réaction d'Hélène Beck et Thérèse Fournier

Réalité, fiction ou humiliation ???
Présence de Mme Michèle Richard à la présidence d’honneur
d’un événement culturel qui se veut de haut niveau et international.

Il nous est difficilement acceptable de passer sous silence notre réaction à la suite des propos tenus et cités par M. Jean-Guy Maltais dans le journal Le Quotidien de samedi, 13 juin 2009.

Dans ce milieu de l’Art et de la Culture où notre région se distingue pour la qualité exceptionnelle d’organisation et de participation, alors que tant de personnes oeuvrent pour conserver cette réputation qui nous précède et nous suit, voilà que l’on voudrait baisser le seuil « d’élitisme » du Symposium International que lui a conféré son fondateur, M. Jean-Paul Lapointe, de regrettée mémoire…

Et tout semble normal aux yeux de la majorité des participants. Se pourrait-il que d’autres raisons que les bonnes inspirent ces artistes qui souvent se sont dits défenseurs et affichés comme des « élites »?

Mme Richard, à qui nous ne pouvons en vouloir d’avoir été invitée à remplir cette fonction, sera donc la sacrifiée afin de diminuer la qualité élitiste de l’évènement… et… au Saguenay. Pour baisser l’élitisme d’un étage, c’est réussi et en ascenseur en plus.

Ce rôle de la présidence d’honneur d’un symposium n’incombe qu’aux artistes possédant certains pré requis dont: une fiche de route exemplaire et non d’un attrait autre que pour l’exercice de son Art, ainsi que l’expertise d’un bon leadership auprès de ses ami(e)s artistes.
Autrement, si la personne est d’un autre milieu, étranger à l’activité, comme un politicien par exemple, on appelle ça, un invité d’honneur.

Autre anomalie qui offusque davantage. On constate avec quelle extravagance on semble fier de la présence de cette personne, sans oublier FIDO, et qu’il n’y a aucun nom d’artiste suffisamment important pour en faire la mention.

Non mais, on n’est quand même pas sur le gibet pour accepter ce genre de manières, la tête rentrée dans les épaules comme si tout ça se voulait plausible et tout à fait normal. Tant qu’il y aura des gens qui se tairont en acceptant de se faire entartrer, notre culture régionale baissera dans son élitisme car, il y aura toujours des illuminés prêts à troquer leur fierté pour un plat de lentille.

En espérant que ça ne se reproduise jamais plus dans notre beau Royaume.

Thérèse Fournier
Jonquière, Qué.
fournierjtaqua@videotron.ca

Hélène Beck
Chicoutimi, Qué.

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mardi 9 juin 2009

Gatien Moisan, une rétrospective au CNE

Dans l'attente - 1994 - Gatien Moisan
Acrylique sur masonite 90 x 71 cm
© Gatien Moisan

Gatien Moisan sera à l’honneur au Centre national d’exposition de Jonquière le dimanche 14 juin 2009. La rétrospective promise des œuvres de cet artiste sera présentée jusqu’au 20 septembre. Après Hélène Beck en 2008, Le CNE poursuit cet engagement annuel de nous rappeler le parcours de nos artistes en arts visuels.

Le choix de Gatien Moisan me réjouit. L’intégrité de l’homme est égale à la grande qualité de sa démarche artistique, entreprise il y a plus de 40 ans. Gatien est un pur. Une sensibilité hors norme au service d’une maîtrise artistique réconciliant diverses écoles de pensée. Un art contemporain, moderne et futuriste. Un art ouvert sur les temps.


© Progrès-Dimanche - 29 avril 2007 - page 42

En avril 2007, j’avais consacré deux pages du Progrès-Dimanche sur son retour au Saguenay-Lac-Saint-Jean et son exposition au Toqué Rouge de Jonquière. J’ajouterai ce reportage à la fin de cette page.

Mais je voudrais d’abord nommer la commissaire de cette rétrospective que nous propose Lionel Brassard, président du conseil d’administration du Centre national d’exposition et Manon Guérin, directrice. Il s’agit d’une personne très dévouée à la cause des arts, membre fort actif du conseil d’administration de la Société d’art lyrique du Royaume, blogueuse qui vaut le détour sur Spécial du jour, journaliste de la Section des arts à la retraite et amie, Denise Pelletier.

Pour l’inauguration de cette rétrospective attendue, le Centre national d’exposition annonce la présence de Roger Bertrand, 39e Président de l’Assemblée nationale du Québec. En 1997, Gatien Moisan avait été choisi pour réaliser son portrait, selon la tradition instaurée à l’Assemblée. Une œuvre qui a suscité bien des commentaires, car l’artiste a eu l’audace de sortir des sentiers battus pour tirer de sa palette un portrait inhabituel, d’un grand symbolisme.


Roger Bertrand 1997 - Gatien Moisan
39e président de l'Assemblée nationale

Description :
La partie supérieure du Président au fauteuil, lumineuse, exprime la lumière devant inspirer ses décisions. Le bleu violet des tons évoque la solitude et le dévouement du personnage. Dans le bleu vert de la partie inférieure, se déploient la puissance, les fonctions et les tâches du Président. Le cercle rouge dépeint à la fois la vitalité de l’Assemblée et l’opposition qui se dessine parfois entre la Présidence et l’un ou l’autre des personnages parlementaires. Les trois têtes sous le Parlement, par leurs tons de beige, rayonnent dans un calme bienveillant et dégagent une atmosphère chaude et bienfaisante. La position des têtes suggère que le Président constitue l’une des assises importantes du Parlement.



Progrès-dimanche
Les Arts, dimanche 29 avril 2007, p. 42


Gatien Moisan
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien



CHRISTIANE LAFORGE
claforge@lequotidien.com

JONQUIÈRE (CL) - Qui ne se souvient pas de Gatien Moisan ? Ce perfectionniste de la forme, exigeant professeur d’art autrefois chargé de cours à l’UQAC, est de retour dans sa terre d’âme.

Natif de Saint-Raymond de Port-Neuf, il avait adopté le Saguenay-Lac-Saint-Jean, séduit par le cœur de Gilberte et par l’esprit du Fjord qui a imprégné son œuvre tandis qu’il vivait à Sainte-Rose-du-Nord. En 1981, il se résigne à l’exil, faisant escale en diverses régions. Il balise son existence au nombre de ses déménagements. Plus de dix en 25 ans, bientôt trois en trois ans. «L’homme en fuite c’est moi, confie-t-il devant ses toiles où son personnage est souvent happé par l’espace. Ma dernière résidence sera mon urne, taquine-t-il, quoique là encore, on peut la déplacer. »

Ne pas s’y tromper. L’humour de Gatien n’a rien de sombre. Pas plus que ses toiles, solidement structurée par la règle d’or, si chère à son art qu’elle y est omniprésente. La rigueur de l’artiste repose sur une connaissance de son métier poussée à l’extrême. Il nous console à lui seul de cette prolifération d’artistes en arts visuels maniant le verbe mieux que le pinceau.

Du 2 au 30 mai, à la Galerie Toqué rouge d’Arvida, Gatien Moisan présentera une exposition réunissant des toiles grandes et petites, abordant le thème cosmique. À partir du caillou ramassé sur la rive nord du Saguenay, il reprend possession des rochers qui ont largement envahi ses toiles anciennes, plate-forme d’un départ vers l’espace infini, l’ultime voyage de l’homme.

Œuvre de Gatien Moisan
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien


Exposition au Toqué Rouge

Une version de l’histoire de l’humanité

L’avant salle de la galerie Toqué Rouge dissimule l’exposition en cours, «Dérive, solitude, rêve» de Gatien Moisan. La symbolique, bien qu’involontaire, a du sens. Passage terrestre avant d’accéder au cosmos qu’il faut aborder par la droite.

Une première toile capte le regard, masse rocheuse aux transparences réussies. Puisant dans les techniques des anciens où la peinture à l’eau précédait l’huile, Gatien Moisan tire parti des nombreuses possibilités de l’acrylique pour travailler sa pierre en différentes couches. On a envie d’y coller l’œil pour en capter l’effet.

La seconde toile reprend l’élément du rocher tout en l’intégrant dans une composition où l’espace prend place pour finalement s’imposer avec force dans le troisième tableau. «Repos céleste» nourri d’une fréquentation assidue au club d’astronomie de Saint-Raymond.

Des formes géométriques dessinent finement une structure architecturale toujours basée sur le nombre d’or. Question d’équilibre. La démarche de Moisan aspire à la perfection, l’harmonie. Depuis toujours, il a le souci de soumettre ses compositions à la «divine proportion». De nombreux peintres, sculpteurs et architectes célèbres l’ont intégré à leur art, assurés d’atteindre ainsi une harmonie totale dans leur création. Cette quête d’un équilibre absolu confère à l’œuvre de Moisan une force intérieure contrastant avec la netteté des formes et des couleurs. Ce qui pourrait être froideur, par une technique trop parfaite, séduit par l’harmonie qui s’en dégage. Il devient alors facile de s’identifier à ce corps humain, alter ego de l’artiste qui devient son propre modèle, humain suspendu entre les deux mondes et qui va, au fil des tableaux, être happé par l’infini du vide de l’espace.

En progressant au rythme des toiles exposées, le visiteur découvre une version de l’histoire de l’humanité.

Petits formats

Bien que Gatien Moisan apprécie les grandes surfaces, il se révèle très à l’aise dans les petits formats. Étonnantes pièces où l’on retrouve toute l’éloquence des toiles lus grandes. L’une après l’autre, elles sont des fragments d’un tout et pourtant complètes dans ce qu’elles expriment de cet affrontement entre l’humain et le cosmos.

Certaines pièces intègrent superbement la somme de la démarche artistique de Gatien, sachant partir du très figuratif environnement des lieux où il a séjourné pour s’élever au-delà. Communion réussie entre la terre et le ciel, que l’on pense à «La sablière de Métabetchouan» ou «Regard sur le Piékouagami.»

Ne se voulant d’aucun courant, sinon celui de «faire ce que je veux faire», Gatien Moisan conclut: «On fait partie de l’univers et l’univers fait partie de nous», évoquant toutes les questions et tout ce qu’il y a à découvrir.

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«Combien de temps pour réaliser cette toile ?», demandait un visiteur au peintre Gatien Moisan. «45 ans», répondit l’artiste. Une toile est la somme de toutes les expériences et de la science acquise au cours d’une vie. Si les premiers coups de pinceaux des œuvres exposée à la galerie Toqué Rouge de Jonquière n’ont que cinq ans, la main qui en a brossé les bleus dominants apprend la maîtrise de son art depuis 1962.

Des nomades

Peintre et professeur d’art de 1964 à 2005, Gatien Moisan a quitté le Saguenay en 1981. Il est de retour depuis 2203, le temps de construire sa future ex-maison au bord de l’eau, à Saint-Félicien. Depuis 2008, il a pignon sur rue à Saint-Honoré. La beauté du lac n’a pu rivaliser avec la fierté parentale, père et mère suivant de près la carrière en théâtre de leur fille Sara qui évolue dans diverses troupes de la région. «Nous sommes toujours ici (Saguenay) pour la voir et nous voulions aussi nous rapprocher du mouvement, du centre du milieu culturel.»


Polyvalence

Scénographe à ses heures, surtout lors que Sara fait partie de la distribution, Gatien moisan s’est joint à ses filles, Sara et Mira (comédienne et musicienne résidant à Montréal) pour prêter main forte à l’entreprise Artisac, fondée à Saint-Félicien par son épouse Gilberte Dufresne.

Des expositions

Rappelons que l’artiste a réalisé plusieurs expositions solos dans de nombreuses galerie, dont: Galerie d’art Benedek-Grenier, Québec; Galerie Wells, Ottawa; La Chasse Galerie, Toronto; Burnaby Art Galery, Burnaby (B.C.); Galerie Arts St-Louis, St-Raymond. Il a aussi participé à des expositions collectives: Institut des Arts de l’Ontario; Arts Festival, Lewiston(Maine); Calgary Allied Arts Council, Calgary; UQAC; Foire internationale de Washington, États-Unis; Galerie d’art du Grand Théâtre de Québec; Artistes québécois contemporains(Collection Loto-Québec); Artistes de renom, Moulin Marcoux, Pont-Rouge; Vieux Presbytère de Deschambeault.

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samedi 6 juin 2009

Jamais je n'oublierai le 30 mai 2009

La pétillante Acadienne Peanut (aliasLola Dionne)
Entre Christiane et Christian Laforge

© Photo Réjean Leclerc



« Il y a des moments si merveilleux

Que l’on voudrait que le temps s’arrête

Et tu te demandes pourquoi
Cette nuit-là te démesure »

(Gilbert Bécaud)


Imaginez! Pendant 38 ans, vous gagnez votre vie à écrire sur les artistes. Vous êtes payée pour vibrer devant les œuvres créées par des êtres possédés, uniques, si forts et si fragiles à la fois. Pendant 38 ans, vous apprenez à les aimer, formée que vous êtes par un maître qui, sans chercher à museler l’idéaliste, vous a dit : «Christiane, n’oublie jamais que ce sont des humains pour qui cela est toute leur vie. Ton article va durer deux heures. Ses conséquences vont durer toute leur vie (Jacques Collard, écrivain et critique d’art du Pourquoi Pas? à Bruxelles)

Imaginez! La tête pleine de souvenirs, le cœur riche d’amitiés nées de ces rencontres professionnelles, vous écrivez: «C’est le temps de partir».

Par courriel ou par téléphone, ils sont nombreux à vous dire «On te regrettera!»

Parce qu’un au revoir ne suffit pas, les journalistes, mes confrères et consœurs du journal Le Quotidien et le Progrès-Dimanche, répondent à l’appel de la maître du jeu de toujours, l’étonnante Jojo (Johanne St-Pierre) et me font une joyeuse fiesta le 3 mai à La Baie. Ce fut bon. Ce fut émouvant. C’est un superbe souvenir.

Bertrand Tremblay (à ma droite) surnommé le Patriarche
lors du brunch festif du 3 mai dernier.
Rocket Lavoie saisi en flagrant délit, croquant les belles du jour:
Patricia et Andrée Rainville, Catherine Doré,
que regardent Yvon Paré, Daniel Côté et Serge Lemelin
© Photo Jeannot Lévesque


Imaginez! Le samedi 30 mai 2009, l’inattendu survient.

Une centaine de personnes, artistes de toutes disciplines, diffuseurs, communicateurs, représentants du monde de la culture ont répondu à l’appel du maître du jeu Jérémie Giles et accueillent une Christiane éberluée en entonnant «C’est à ton tour…». J’ai gagnez ma vie à écrire sur leur passion, leurs œuvres, leurs réalisations. Et ce sont eux qui me remercient.

Caron Néron et sa compagne
© Photo Bertrand Tremblay

Carol Néron, éditorialiste au Quotidien - porte-parole officiel et très enthousiaste des absents, Michel Simard éditeur du Progrès du Saguenay et Denis Bouchard rédacteur en chef - a ouvert le «déluge» de témoignages qui n’a cessé de la soirée. Je retiens de son discours sa certitude de mon amour pour la langue française.

Bertrand Tremblay, «mon ex»… rédacteur en chef, toujours chroniqueur au Quotidien, «lecteur assidu de ce blogue» affirme-t-il, a su illustrer à la fois les faits d’armes les plus forts d’une carrière, citant des extraits d’un texte sur la mort annoncée d’un artiste connu, et les côtés joyeux d’une amie prompte à partager les rires des turbulents épicuriens du club C'est pas facile du Deauville.

L’humour «pieux» de l’unique Hélène Beck a finalement confirmé l’humeur joyeuse de cette soirée, tout en décrétant, sans contestation possible, que la petite Belge a réussi à s’intégrer. «Elle est des nôtres… » a chanté la réputée artiste peintre de Chicoutimi.

Paroles lues, paroles dites, mots écrits et lettres cueillies à la fin de la soirée, messages publics, messages privés, je me sens comme un arbre au printemps dont les branches bourgeonnent. J’ai vécu un chant d’accueil bien plus qu’un au revoir.

Albert Larouche a chanté Envoi de fleur
© Photo Bertrand Tremblay

Albert Larouche a chanté «Envoi de fleurs» d’Henri Bernard/Paul Delmet.





Envoi de fleurs,
Ici interprétée par Hervé David


Marie-Claude Simard - Clément Tremblay
Fondateurs de L'Ensemble Bouffon

© Photo Réjean Leclerc

Avant de nous livrer quelques extraits de leur CD Le Passeur, Marie-Claude Simard et Clément Tremblay ont créé la «Valse de Christiane», composée pour moi, et que j’ai dansée avec grand plaisir aux bras de Michel Cloutier.

Sabrina Ferland a chanté a capella un extrait de l'opéra Gianni Schicchi « O mia babbino caro » (Lauretta) de Puccini. Que l'on peut entendre (ici) interprété par Maria Callas.



Guy Tay a mis en peinture toute la symbolique des liens que tissent les mots, après en avoir usé lui-même avec éclat pour évoquer le parcours d’une journaliste. Micheline Hamel et Yvon Gaudreault ont été les chefs de chœur pour un canon incroyablement flatteur sur l’air de Frère Jacques.

Élaine Girard, Ariane Blackburn,
Lison, Andrée, Claire-Hélène Hovington
René Gagnon et Claude Bérubé
© Photo Bertrand Tremblay

Élaine Girard a retrouvé un micro, le temps de quelques missives, comme si cela se passait pour vrai à la radio. Et Lison Hovington, visage emblématique des belles heures de la télévision régionale, a lu des extraits de Cœur innombrable avec tant de talent que j’aurais pu envier l’auteur de ces textes.

Jérémie Giles
Organisateur de cet évènement et fondateur de
la Société de l'Ordre du Bleuet
© Photo Réjean Leclerc


La soirée, dont ceci n’est qu’un résumé, s’est terminée par l’annonce officielle de la création de la Société de l’Ordre du bleuet, hommage qui sera décerné chaque année à des artistes et défenseurs de la culture au Saguenay-Lac-Saint-Jean.



Depuis samedi 30 mai, je n’ai plus de mots.
Ils tourbillonnent dans ma tête
esquivant mon désir de s’en emparer pour dire que j’ai connu…

un moment si merveilleux…
et cette nuit-là me démesure.

Merci de tout cœur à chacun de vous pour cet inoubliable 30 mai 2009

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mardi 2 juin 2009

Ouf! La loi Hadopi a été rejetée!

Ne rêvez pas. La répression a le Pouvoir.

Effectivement rejetée en avril, la loi Hadopi a été adoptée le 12 mai dernier par les députés de la République de France à 296 voix contre 233. Liberté, égalité, fraternité!
Bien naïfs ceux qui croient qu'il s'agit de défendre les droits d'auteurs.

Que les droits d'auteurs soient protégés, je suis d'accord. Que l'on cherche une solution intelligente et juste pour contrer le téléchargement illégal, je comprends. Mais qu'une république (la France) qui est née dans une volonté de droits et liberté ait pu concocter une loi telle que la loi dite HADOPI (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet), confiant à un tiers, en total conflit d'intérêt et non à la Justice, le pouvoir de surveiller (espionner?) et de punir (coupure totale allant jusqu'à un an de tout accès Internet au «client payeur de cet accès internet) l'accusé, coupable ou non, sans jugement, sans défense, sans égard au fait que «le crime» reproché puisse avoir été commis par un autre que «le présumé coupable», me fait terriblement peur.




Mes convictions personnelles et mon respect pour les artistes m'imposent de ne jamais, intentionnellement, télécharger illégalement. Cependant, il arrive que plusieurs membres de ma famille, plusieurs amis et amis d'amis de passage se connectent sur le routeur inscrit à mon nom, ainsi qu'ils me permettent de le faire quand je les visite. Je deviendrais responsable de leurs téléchargements ainsi que de toutes autres personnes qui, à mon insu, utiliserait légalement ou non mon accès Internet? Merveilleux monde que l'on voudrait nous imposer, où la présemption d'innocence, le droit à la défense et la justice sont bafoués.

Pourquoi me suis-je intéressée à cette loi? Parce que certains fournisseurs de l'Internet au Québec, notamment Pierre-Karl Péladeau de Vidéotron, aimeraient bien disposer de ce pouvoir.

Petit à petit, au nom de la «vertu», notre société devient répressive, infantilisante et coercitive. On ne veut pas nous protéger. On veut nous contrôler.

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lundi 1 juin 2009

Magnifique regard d'une mère

Élika Laforge
sous le regard de sa maman



Je trouve cette photo irrésistible tant il y a de l'amour et de la fierté dans le regard d'Andrée-Anne regardant sa petite Élika. Heureuse petite fille aimée!

dimanche 24 mai 2009

Paternité



Cela dit tout!


Victor et Ariel Laforge - Mai 2009

Maintenant Ariel sait!
Je compatis... avec tout de même un sourire.


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jeudi 21 mai 2009

Michèle Richard à Chicoutimi : un choix imposé

Michèle Richard au Symposium Jean-Paul-Lapointe:
Pour rendre la peinture et la sculpture moins élitistes???

La rumeur circulait, mais je n’y croyais pas. Cela ne pouvait être qu’un canular. Mais non. Le Quotidien confirme ce matin 19 mai 2009 que la chanteuse Michèle Richard sera la présidente d’honneur du Symposium international Jean-Paul-Lapointe, cet été au Vieux Port de Chicoutimi. Ce sera la première expérience d’un symposium pour ce peintre amateur dont la principale exigence, avant d’accepter cet honneur, a été d’être accompagnée de son chien. Du coup, elle a aussi demandé l’inclusion de son «initiatrice» à la peinture, Lise Auger.

Sans doute, après de longues et pénibles recherches, les organisateurs n’ont pas réussi à trouver dans la région hôtesse de cet évènement un seul artiste professionnel réputé pour présider ce symposium!

Il voulait se démarquer des symposiums antérieurs, plaide Jean-Guy Maltais. Pas de doute, c’est réussi!

La présidence d’honneur d’un évènement comporte deux aspects: d’une part, on attend du président que sa réputation, son professionnalisme et son engagement apportent du prestige à un évènement. D’autre part, cela consiste également à rendre hommage à ladite personne.

« L'objectif consiste à populariser la peinture et la sculpture, à les rendre moins élitistes» écrit Daniel Côté dans son article, citant les paroles de Jean-Guy Maltais. Cela est très révélateur d’un courant de pensée conservateur qui a marqué tristement la dernière élection fédérale l’automne dernier.

Pourtant, en 2004, le même Jean-Guy Maltais déclarait à la presse: « L'envergure de ce regroupement artistique n'a d'égal que le talent qui y afflue. Nous retrouvons ici des gens qui sont reconnus mondialement. Tous les artistes qui participent au symposium sont accrédités par des associations de peintres et de sculpteurs. »

Que doivent penser nos artistes de la région, que le comité de sélection a refusé d’inclure dans l’édition 2009, sous prétexte que ce symposium s’adresse à des artistes de haut calibre? Nos artistes professionnels vont-ils réellement se résigner à contribuer à un symposium où les organisateurs témoignent d’aussi peu de respect à l’égard de leur art?

La finale est juteuse: «Le comité organisateur imposera un prix d'entrée de deux dollars pour réduire un peu le flot des visiteurs.» Sûr que nos artistes qui investiront leur temps et assumeront les frais de leur présence dans l’espoir de vendre leurs œuvres souhaitent vivement qu’il n’y ait pas foule. Ça travaille mieux dans la solitude!

Tiens, le Salon du livre a baissé son prix d’entrée à un dollar pour obtenir l’effet inverse et ainsi accroître le nombre de ses visiteurs.

Oupsss! À deux dollars l’entrée, cela ne va-t-il pas faire «élitiste»?

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vendredi 15 mai 2009

La mort d'un frère


Mon frère aîné, Jacques est mort à 3h30 du matin ce 14 mai 2009. Derrière les mots de cette simple phrase, il y a l’amputation d’un membre. Nous l’avons cruellement ressenti, deux heures plus tard, au moment de quitter sa chambre de l’hôpital de Chicoutimi, où il a franchi la dernière marche de sa vie.

La réalité s’est imposée : nous n’étions plus que trois enfants, Christian, Jean-Marie et Christiane, de ce quatuor laforgien venu de Belgique retrouver un père absent depuis six ans. Je me souviens, sur le pont de l’Arosa Star, faisant fi des ordres et des appels à la prudence, nous narguions la tempête secouant le navire, convaincus d’être invincibles. Nous ne le sommes pas.

Jacques Laforge - Moment de bonheur

Avis de décès

LAFORGE (Jacques)

Le 14 mai 2009, Jacques Laforge est décédé au Centre de santé et de services sociaux de Chicoutimi, à l’âge de 69 ans et cinq mois, entouré de l’amour de sa famille. Né en Belgique, fils des regrettés peintre Jean Laforge et dame Ida Pierard, il est arrivé au Québec en 1957. Membre de la Jeune chambre de commerce de Chicoutimi, homme d’affaires à l’esprit créateur, peintre et sculpteur se disant modestement artisan, Jacques Laforge s’est fait avantageusement connaître comme président de la Société des arts de Chicoutimi, comme directeur de la salle de spectacle l’auditorium Dufour avant la création de la coopérative du Théâtre du Saguenay, ainsi qu’à titre de directeur général du Carnaval-Souvenir de Chicoutimi, auquel il s’est consacré corps et âme jusqu’à ce que la maladie vienne limiter son envol et l’écarte de la vie active.
Époux inconsolé de feu Alix Fortin, il laisse dans le deuil ses enfants : Nathalie (Marcel Savard), Nadia (Ian Cloutier), Jean-François (Karine Girard); ses petits-enfants : Kim, Michaël, Cassandra, Loïc et Daphné; ses frères Christian (Lola Dionne), Jean-Marie (Christine Tremblay), Christiane (Réjean Leclerc); ses neveux : Claudine (Luc Bergeron), Frédéric (Sandra Laroche), Ariel (Andrée-Anne Lachaine); ses arrières petits-neveux : Stéphanie, Mathieu, Élika et Victor, ses amis et amies de toujours fidèles et très présents.
Jacques, ainsi que tu l’as demandé, ta famille réunie a pris le vin de la tendresse en ton nom, souhaitant ardemment que tu puisses enfin trouver l’apaisement auprès de ton épouse Alix, de qui tu as été amputé si cruellement en pleine jeunesse, de ta mère tant chérie et de ton père dont tu as été longtemps un pilier dans sa carrière d’artiste.
Aujourd’hui nous comprenons mieux que jamais ces mots de ton poème : «Après», adressé à l’ami disparu :

Pourquoi pleures-tu ainsi?
Je comprends… Pardonne-moi.
Je ne suis pas parti
Je reste près de toi […]
Si mon corps est sans mouvement
Mon cœur, mes yeux vivent encore
Tournés vers de nouveaux soleils
Ils voient tout ce que ne voient pas les corps

Répondant à ton souhait, nous avons fait don de tes organes et tu as été incinéré sous la direction de La Coopérative Funéraire de Chicoutimi. Parents et amis, afin de respecter ses dernières volontés, il n’y aura aucune cérémonie civile ou religieuse. Cependant, vous pouvez faire un don à la Société canadienne du cancer, section Saguenay-Lac-Saint-Jean, 930, Jacques-Cartier Est, local B-210, Chicoutimi (Qc) G7H 7K9, à la mémoire de son épouse Alix Fortin. Vous pouvez adresser les messages de sympathie à l’adresse suivante : jacqueslaforge2009@hotmail.com ou par la poste à la Coopérative Funéraire de Chicoutimi, 2442 Rue Roussel, Chicoutimi, QC; (418) 545-2643.

jeudi 7 mai 2009

Lettre à Denise Pelletier



Très chère Denise,

Après un dimanche riche d’émotion, lors du brunch organisé pour souligner «mon retrait» de la vie journalistique par l'irremplaçable et généreuse JoJo, où sont venus 26 confrères/consœurs de la rédaction, je viens de relire la lettre que tu m’as adressée pour la circonstance.

Quel cadeau que cette lettre!

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’était bien que tu ne puisses venir à cette fête, quoique ce message de ta part t’aura non seulement rendue très présente, mais il me reste tel un gage précieux de cette équipée vécue pendant 36 ans où notre complicité professionnelle a fleuri en amitié ouverte sur l'avenir.


Johanne St-Pierre,
l'incomparable organisatrice de nos fêtes

et moi,
l'heureux objet de ce mémorable 3 mai 2009

À l'Auberge des 21 de La Baie
Photo Bertrand Tremblay

Ta lettre, lue par Johanne, ce 3 mai 2009 à l’Auberge des 21 de La Baie, a été applaudie avec émotion par tous. Pardonne-moi si j’ose l’offrir en lecture à un plus large public. J’ignore s’il y a un fond de vanité de ma part ce faisant. Je sais surtout qu’il y a désir de partager les échos chaleureux de ta personnalité,toi l'observatrice intelligente et sensible, la femme authentique à qui j’ai le bonheur de dire au revoir… et que ce soit le plus tôt possible.




Denise Pelletier - 2006 Lors de la fiesta de sa retraite © Photo Jeannot Lévesque

Lettre de Denise Pelletier 3 mai 2009
(Message pour la nouvelle retraitée Christiane Laforge,
de la part d'une vieille retraitée, Denise Pelletier)

Ma chère Christiane,

Je regrette vivement de ne pouvoir être là au moment même où tu viens me rejoindre dans la béatitude d'une retraite… qui n'a pourtant rien de béat, tu le sais bien.

Je te demande donc de me pardonner mon absence aujourd’hui, qui survient parce que tous les groupes dont j’ai fait partie dans ma vie semblent s’être donné le mot pour organiser une rencontre précisément cette fin de semaine! Je me console à la pensée que nous aurons certainement toi et moi bien d’autres occasions de nous rencontrer.

Mes excuses également à vous tous, chers collègues et amis avec qui j'aurais bien aimé partager cette fête.

Donc, Christiane, même si j'ai quitté la section des arts depuis presque six ans, ce qui me vient à l’esprit en pensant à toi, ce sont ces 30 années (j’arrondis le chiffre) pendant lesquelles nous avons travaillé ensemble. Même ci ce fut pendant certaines périodes pour deux journaux différents, c'était néanmoins ensemble. De ce mélange de complicité et d’amitié tissé au fil des ans, je retiens ces quelques éléments.

Les débuts

Je t'ai connue quelques années avant de commencer à travailler avec toi, au moment où tu es arrivée au Collège du Bon Pasteur. Tu venais de loin… de très loin. Tu étais parmi les “petites”, pour moi qui terminais le cours classique. Immédiatement tu t'es fait remarquer par tes prouesses… au ballon-volant!

En 1973, c’est moi qui suis arrivée au Progrès où tu te trouvais déjà depuis quelques années. Ensemble, avec tous les autres collègues, nous avons présidé à la naissance d’un nouveau journal: Le Quotidien.

La section arts et celle des affaires sociales (une apellation que tu as vite substituée à celle de "pages féminines"): deux pages grand format, à alimenter et à monter chaque jour. Comme directrice et responsable de cette section culturelle qui a connu moult formules et versions, tu a su lui imprimer une orientation résolument professionnelle, axée sur la mise en valeur du travail artistique.

La création en marche

Après avoir mis au monde cette section, nous avons assisté, ensemble, à d’innombrables naissances au sein du milieu culturel régional. Des troupes de théâtre, des musées et galeries, des grands spectacles, des maisons d'édition et même un orchestre symphonique, ont pris forme sous nos yeux, et la plupart sont encore aujourd'hui bien vivants.

Mais surtout nous avons vu naître et s’épanouir tellement d’artistes: comédiens, danseurs, musiciens, peintres, écrivains (le masculin inclut le féminin bien sûr), que je ne puis les nommer, tant ils sont nombreux. Nous pouvons nous dire marraines de ces enfants dont certains vont encore aujourd'hui leur chemin, qu'il soit obscur ou glorieux.

Que ce soit au Quotidien ou au Progrès-Dimanche, chacune pour notre journal, avec d'autres précieux collaborateurs, ou ensemble pour le même journal, nous avons posé sur eux le même regard, à la fois affectueux et critique. Nous avons, dans nos écrits, poursuivi le même objectif: les faire découvrir et connaître, les évaluer le plus honnêtement possible. Nous nous consultions quand, par malheur, il fallait souligner leurs faiblesses: nous trouvions cela difficile, mais nous l'avons fait néanmoins, car nous le leur devions, et surtout nous le devions à nos lecteurs.

Aux créateurs de cette belle région que tu as adoptée et qui t'a adoptée, il faudrait ajouter tous les autres qui sont venus de l’extérieur, de très loin parfois, vers nous et vers le public d’ici.

Mais je m'arrête ici car si je voulais faire l’énumération de tout ce que nous avons “couvert” et découvert, il y aurait matière à écrire un très gros livre.

Le soutien mutuel

La pudeur nous empêche parfois d'évoquer publiquement cet aspect du travail, pourtant essentiel entre collègues, entre femmes, entre amies. Quand je traversais une période difficile, physiquement ou moralement, tu le devinais, tu le savais, et sans que nous ayons besoin d’en parler, tu m’épaulais, gommant pudiquement quelques erreurs ou absences. J’espère t’avoir rendu la pareille chaque fois que tu en as eu besoin.

Les attitudes

Nous avons toujours travaillé en collaboration, en association, plutôt qu'en hiérarchie, dans la confiance et le respect mutuels: tu l'as voulu ainsi et je t'en suis redevable.

Différentes et complémentaires, nous avons toujours eu en commun l’enthousiasme, l’admiration, le respect envers tous ces gens désireux d’embellir le monde par leurs créations.

J'ai partagé ta ferveur, ta curiosité et ta confiance dans la nature humaine. Nous nous sommes trompées sans doute parfois, mais somme toute je crois que nous avons fait du bon boulot.

Pas seulement nous, d'ailleurs: tout le monde, journalistes, employeurs et autres employés, a mis l'épaule à la roue pour que nos journaux soient les meilleurs possibles. Toi et et moi ne sommes plus là… d'autres continuent à accomplir ce merveilleux travail, et je les salue.

La passion

Je m’en voudrais de terminer sans rendre hommage à tes qualités personnelles et humaines, que j’ai découvertes et appréciées à mesure que je te connaissais mieux: fonceuse, persévérante, plutôt sûre de toi, parfois téméraire, tu es une passionnée dont les passions deviennent vite contagieuses.

Tu sais plaider ta cause et te montrer persuasive: défendant la section des arts comme une tigresse ses petits, tu es régulièrement montée au front, frappant à la porte du directeur de la rédaction pour obtenir de l'espace, des effectifs, afin que nous puissions mieux accomplir notre travail. Les employeurs n'ont bien souvent pas eu d'autre choix que de souscrire à tes demandes.

L'écriture

Dotée d'un solide sens de l'humour, tu sais te montrer attentive aux petits détails qui expriment les mouvements de l'âme humaine.

Tu possèdes à merveille l'art de saisir les nuances d'une émotion, qu'il s'agisse de la tienne ou de celle des autres, et de les exprimer avec une grande clarté teintée de poésie.

L’écriture est une part importante, sinon essentielle de ta vie, et en lisant ton "texte d’adieu" publié dans le journal et sur ton blogue, je retrouve toutes ces qualités qui sont les tiennes: justesse, sensibilité, sens de la nuance, générosité. Et suis sûre que tu mettras tout cela au service de projets qui te sont chers et que tu pourras enfin réaliser.

Fidèle et généreuse, tu sais surprendre ou rassurer ceux qui t’entourent. Tu es beaucoup aimée et entourée, sûrement parce que toi-même tu aimes beaucoup.

La mémoire

Bref, ma chère Christiane, de notre aventure commune je ne garde que de bons souvenirs qui me nourrissent encore aujourd'hui. À ton contact, je me suis enrichie (au sens figuré, bien sûr!) de plusieurs choses et surtout, de notre indéfectible amitié.

La vie qui bat

Bonne retraite, chère amie, je crois que tu as déjà compris, grâce au jeune Victor qui se pointe le nez au moment où tu quittes le journal, que la vie continue, que la vie qui veut vivre te tiendra encore longtemps occupée.

J’ose néanmoins te souhaiter de pouvoir ralentir quelque peu le rythme et prendre un peu de repos: tu verras, non seulement c’est faisable, mais c’est même agréable.

Denise Pelletier

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vendredi 1 mai 2009

L'Ensemble Bouffon a conquis les Français


L'Ensemble Bouffon - 2009
Jessy Dubé, Clément Tremblay, Marie-Claude Simard, Jean-René Lavoie
au lancement de l'album Le Passeur
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

L’Ensemble Bouffon est revenu de France avec un billet de retour pour 2010 dans les étuis des violons et d’une guitare.

Nos mousquetaires de la musique traditionnelle sont partis trois pour présenter à la Vieille France les chants de leurs ancêtres après quelques siècles dans les vents de quelques arpents de neige.

Une première escale à Olivet, le jeudi 26 mars, a suscité l’envie de les entendre plus encore, comme l’écrit Eric De Rhuiz, directeur des bibliothèques :

«Tout d'abord merci encore pour ce concert à Olivet si chaleureux et de m'avoir fait également partager un peu de votre musique en rythme !! Merci de m'avoir invité sur scène avec vous. J'écoute votre CD tous les jours et je ne m'en lasse pas. Mes préférences sont, même si cela est difficile tant l'univers est cohérent, pour Sunday river (superbe ballade) et J'ai dit oui pis y a dit non (connivence, humour et bonne humeur, ce qui vous caractérise à mon avis). [...] Voilà, nous nous occupons de vous trouver des dates pour votre venue 2010 en France.»

Deux jours plus tard, Clément Tremblay, Marie-Claude Simard et Jessy Dubé étaient accueillis à Angoulême, précédés par une promotion fort enthousiaste.

«L'ensemble Bouffon arrive spécialement du Québec en exclusivité», titrait le bulletin de nouvelle. «L'année 2009 sera un cru très spécifique avec la venue pour la première fois en France de l'ensemble Bouffon, un groupe musical de la région de Saguenay-Lac-Saint-Jean qui animera notre soirée de musiques traditionnelles du Québec, samedi 28 mars à la salle fêtes de La Couronne» explique Eliane Roy, la présidente de l'association La Couronne-le Québec Autrement. En négociation depuis plusieurs mois avec les responsables du groupe musical, la petite équipe de bénévoles du comité de jumelage a décroché «son exclusivité». Le groupe musical québécois fera l'aller-retour pour proposer «une veillée du bon vieux temps des premiers arrivants d'ancêtres qui savaient fêter» aux cousins couronnais. […] Passionné par les musiques traditionnelles du Québec, l'ensemble Bouffon a enregistré trois disques compacts. Dans son troisième opus de 2003, le groupe a ajouté des chansons apprises dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sorti en février dernier, le dernier album de chansons est le résultat des cueillettes entreprises par les musiciens auprès des aînés de leur région. Le comité de jumelage couronnais a été créé en mai 1998, l'histoire de ce dernier est intimement liée à celle des douze échanges scolaires qui ont eu lieu entre 1990 et 2001. Ses objectifs étant de faire connaître au plus grand nombre le Québec. »

Conquête confirmée

Jessy Dubé et Marie-Claude Simard
Photo Philippe Rebeix - Sud Ouest


Le mardi 31 mars, le journal Sud Ouest racontait le passage remarqué de notre trio. «L’Ensemble Bouffon a conquis le public couronnais embarqué sous le charme de chansons, de musiques traditionnelles et même de danses, le tout agrémenté par d'histoires bien savoureuses venues du Québec, écrit le journaliste. Ce trio de la région du Saguenay, auteur de plusieurs albums, venait pour la première fois en France. Il est connu dans la Belle province pour son travail de recherche sur le patrimoine musical et la mise en valeur des musiques et chansons de sa région. Organisateurs ravis Quant à l'équipe organisatrice, elle est ravie. Ce concert, qui a été un vrai succès, lui a permis d'atteindre son objectif, à savoir faire connaître au public, le Québec, ses habitants et sa culture, le tout, bien sûr, dans l'optique de la défense de la francophonie.

Je n'ajouterai rien, sinon vous suggérer d'écouter Le Passeur. Rien de mieux pour comprendre pourquoi L'Ensemble Bouffon retournera en France en 2010.

Et pourquoi pas Musique traditionnelle d'Irlande, leur premier album, À cause, leur second, À cause d'eux, troisième opus dont on peut entendre un extrait, Par les temps qui courent, ici.

***


lundi 27 avril 2009

Une histoire d'amour


Andrée-Anne- Élika - Victor



Heureux trio

Élika, 19 mois, a rencontré son petit frère Victor, 14 heures, dimanche 26 avril 2009.
Maman André-Anne a les bras plein d'amour. Comment dire mieux?

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samedi 25 avril 2009

Victor Laforge


Victor Laforge... 46 minutes

Joie!

Le papa se porte bien. La maman est très heureuse. Victor Laforge est né à Chicoutimi, ce 25 avril à 17h02. Il pèse 3,70 Kg ou 8lbs 15 onzes et mesure 53 cm. Vigoureux, il redresse déjà la tête.

Vivement demain!

lundi 20 avril 2009

Jour J


La chambre est prête pour accueillir
Victor

Ce 20 avril 2009 devrait être le jour de la naissance de Victor Laforge. Le petit frère d'Élika nous fera-t-il languir à son tour?

Certains signes prédisaient une naissance hâtive. Monsieur est plus fûté. L'attente provoque une attention accrue. Idéale pour une entrée royale.

C'est le jour J.

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dimanche 19 avril 2009

Passionara pour Rocket Lavoie

Photographe photographié
Mariane Villeneuve, Rocket Lavoie et Marica Morin
@ photo Rocket Lavoie


Jeudi, 19 mars. Sans le savoir, c'était ma dernière conférence de presse.

Ariane Blackburn, directrice artistique, avait convié les médias pour leur livrer les nouveautés de la revue Ecce Mundo 2 - Passionara. Mon photographe de presse, Rocket Lavoie, membre de l'équipe de Jeannot Lévesque - superbe équipe à laquelle j'ai souvent demandé l'impossible - a succombé à la tentation de s'inscrire de belle façon au cœur de l'évènement. Joignant l'utile à l'agréable, Rocket s'est entouré de deux danseuses d'Ecce Mundo, Mariane Villeneuve et Marica Morin que nous pourrons voir sur scène, au théâtre Ecce Mundo situé au Pavillon sportif de l'Université du Québec à Chicoutimi, dès le 3 juillet prochain.

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samedi 11 avril 2009

La Vie parisienne : 1463 présences



La Vie parisienne - SALR 2009
Mise en scène Éric Chalifour
© Photo Sylvain Dufour

Coordonnatrice de la Société d’art lyrique du royaume, pour ne pas dire directrice-générale, Gisèle Munger me confirme aujourd’hui 1463 présences pour les cinq représentations de La Vie parisienne.

Un chef de réputation internationale, Jean-Philippe Tremblay, à la direction musicale. Une étoile montante du chant lyrique au Canada et en France, Marie-Ève Munger soprano colorature, à la direction artistique. Une œuvre d’Offenbach parmi les plus jouées depuis sa création en 1863. Une mise en scène et une interprétation de qualité… Et 1463 spectateurs pour un spectacle d’opéra bouffe où nous avons déjà été des milliers à être présents à Chicoutimi.

Jeannot Harvey
© Photo Sylvain Dufour

C’est le moment ou jamais de souligner ce doublé du président d’honneur de la dernière levée de Fonds de La Société d’art lyrique du Royaume, Jeannot Harvey. Afin d’aller au bout de son engagement de soutenir cette activité artistique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le président du Groupe Cegerco Inc. a acheté tous les billets de la seconde représentation de La Vie parisienne, celle du jeudi 2 avril.

«La culture est ce qui nous distingue comme personne, comme communauté et comme pays et c’est ce qui reste dans la mémoire des gens. Mais pour les artisans de ce milieu, il leur est difficile, même presque impossible en ce moment, de trouver des fonds afin de concrétiser leur projet.» Signant ce propos dans le programme souvenir de La Vie parisienne produite par la SALR, Jeannot Harvey lance aux gens d’affaires de la région : «Nous croyons que nous devons donner l’exemple.»

La Vie parisienne - SALR 2009
Le ténor Gaétan Sauvageau - Le baryton Dominique Côté
© Sylvain Dufour

La vente des billets figure en bonne place dans les revenus nécessaires au soutien du développement d’une maison de production. Les jeunes talents que nous formons dans nos écoles ont besoin, dans leur région, d’une scène propice à leur servir de tremplin. Une tâche qui nous concerne tous.

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mercredi 8 avril 2009

Jean-François Lapointe , un prince


Jean-François Lapointe - baryton
futur Prince Eletski de Monaco



À la représentation de Les pêcheurs de perles de Bizet, présentée en février dernier à l’Opéra de Toulon, notre baryton Jean-François Lapointe réconcilie Christian Colombeau, critique du magazine Sortir, avec cette œuvre célèbre.

Peu tendre à l’égard de Jesus Garcia qu’il surnomme le calamiteux Américain, titrant son texte « Bizet massacré par le ténor ! Des pêcheurs de perles sauvés par les clefs de Fa à l'Opéra de Toulon », Colombeau manifeste une grande admiration pour le Québécois.

« Encore une fois c’est Zurga qui remporte la palme et sauve une bien discutable soirée. Remercions Jean-François Lapointe pour son métier (il lui en faut une sacrée dose). Une puissance de jeu peu commune, une conviction rare, une voix noble, expressive, large, sans défauts, des accents inouïs de vérité, de pathos, et une musicalité sans faille… Parfait, simplement parfait. Idéal. Grandiose. Immense. Une prise de rôle réussie. A l’applaudimètre un beau succès personnel. »

Jean-François Lapointe, héros d'un soir

Benito Pelegrin est tout aussi dithyrambique dans sa critique retrouvée sur Classique News.

« D’autant, que la scène est littéralement embrasée et dévorée par le Zurga de Jean-François Lapointe, au point qu’il en devient pratiquement le héros, seul personnage un peu complexe, amoureux, ami et jaloux, si bien qu’à le voir et l’entendre, on se dit que l’opéra devrait porter ce nom de personnage. Il n’a qu’à paraître, allure et figure, altier et chaleureux, et il est d’évidence le maître reconnu par tous. Voix puissante, large et égale sur un long registre, il fait montre d’une vaillance héroïque dans une tessiture tendue et s’offre le luxe de nous gratifier d’un la facultatif d’un éclat et d’une force dignes d’un ténor. Sa scène de jalousie, elle, est digne d’Othello : bref, grand chanteur, grand acteur, grand artiste dans tous ses rôles. »

Bientôt prince

En ce moment, le chanteur est à Monaco. Il se prépare pour le rôle de Prince Eletski dans La Dame de Pique de Tchaïkovski, à Monaco, à l’affiche les 24, 26, 28 et 30 avril à l’Opéra de Monte Carlo -Salle Garnier Monaco. Un beau moment en perspective devine-t-on, à la lecteur de son dernier courriel :

« Ici, à Monaco, la distribution est exceptionnelle! Il faut dire que le théâtre est des plus prestigieux. Et son directeur, des plus compétents! »

Entendre un Valentin apprécié




Jean-François Lapointe
Faust - Mort de Valentin

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samedi 4 avril 2009

Une lettre de Michel Marc Bouchard


Michel Marc Bouchard
Photo officielle
© Mario St-Jean/ Mention obligatoire du photographe.



Grande admiratrice de l'œuvre de Michel Marc Bouchard, j'ai reçu et lu cette lettre avec beaucoup d'émotion. Je l'avoue, j'ai éprouvé une certaine fierté car il est pour moi un de ces artistes et auteurs qui m'inspirent un infini respect et qui m'ont donné du bonheur à vivre mon métier de journaliste.

Voilà que ce matin, je la retrouve publiée dans Le Quotidien, sous le titre :

Les artistes perdent leur ambassadrice

Madame Laforge,

C'est avec une sincère émotion que je vous salue à l'occasion de vos adieux comme journaliste culturelle après 38 ans de dévotion à la promotion de la littérature, de l'art et de ses artisans. Je vous remercie avec chaleur pour tout ce que vous avez fait pour les artistes de notre région.

Par votre rigueur, par votre curiosité et par votre inclination à la découverte, plusieurs d'entre nous ont eu droit à une lecture sensible et articulée de notre travail. Loin du mercantilisme, loin du sensationnalisme, vous avez abordé chacun de vos articles avec le soucis de révéler l'artiste et son œuvre, et chacune de vos critiques avec la plus des grandes des sincérités et le plus grand des respects. Vous avez su ,au cours de ces milliers d'articles, créer un dialogue entre les créateurs et le public. Vous avez collaboré d'une façon indiscutable au lustre de notre grande maison de presse régionale et la qualité de votre plume a été reconnue par le Prix Jules-Fournier du Conseil supérieur de la langue française.

Personnellement, vous n'avez pas toujours été tendre à mon endroit, mais sachez que j'ai toujours cru que sans une critique forte et loin de toute complaisance, nous les artistes, nous ne serions pas appelés à nous dépasser si nous ne savons pas l'entendre avec discernement. Une critique forte rend l'artiste plus fort.

Je crois que les écrivains, que les artistes de la musique, que ceux de la danse, du cinéma, des arts plastiques et du théâtre, professionnels ou amateurs, que tous les chercheurs et les chercheuses d'invisible de notre Royaume perdent avec votre départ du Quotidien et du Progrès-Dimanche, leur plus grande ambassadrice.

Chère Christiane Laforge, encore merci et mes meilleures vœux dans tous vos projets futurs.

Michel Marc Bouchard
dramaturge et scénariste




jeudi 2 avril 2009

La vie parisienne… joyeuse folie saguenéenne




Scène de La Vie parisienne - SALR
©Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien



Le plaisir était au rendez-vous



Sans Offenbach, le livret de La Vie parisienne d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy aurait-il franchit le cap des 142 ans de popularité? Un texte d’une telle pauvreté serait bien vite vilipendé par la critique malgré les airs éblouissants du compositeur. Dénonçant la superficialité ridicule des «nantis» toujours en quête de jouissances faciles, le scénario comme le sont souvent les livrets de l’opéra bouffe, ne paie pas de mine… À moins d’être revu par des Saguenéens à l’esprit vif.


Gaétan Sauvageau - Gardefeu
La Vie parisienne - SALR
© Photo Sylvain Dufour

La Société d’art lyrique du Royaume présente, depuis mercredi, cet opéra bouffe de Jacques Offenbach, la plus jouée de ses œuvres dit-on, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, dans une version incontestablement jouissive.

Pas de temps mort. La mise en scène d’Éric Chalifour a su tirer parti d’une musique endiablée, misant sur une interprétation alerte, très physique, bouffonne à la limite de l’excès, dans un bel équilibre vocal des chœurs autant que des solistes.

La Vie parienne - SALR
«Bouffone à la limite de l'excès»
Marie-ève Munger (Gabrielle) - Jean-Sébastien Turgeon (Frick)
© Photo Sylvain Dufour

L’adaptation épurée, les allusions à l’actualité québécoise et régionale, les clins d’œil nombreux et amusants – rarement entendre parler russe n’aura été aussi distrayant – la scénographie ingénieuse malgré sa sobriété, la composition des tableaux et les déplacements sur la scène, tout démontre le professionnalisme des artisans de cette production de belle venue.

Maestro Jean-Philippe Tremblay
© Photo Sylvain Dufour

L’orchestre, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay, a livré une interprétation vibrante, parfaitement intégrée à ce tout théâtral, vocal et instrumental. Les chœurs, nombreux dans cette opérette, ont chaque fois été un plaisir. Faut-il les nommer ? Peut-être quelques-uns particulièrement accrocheurs: Elles sont tristes les marquises, Rondeau du Brésilien et la finale de l’acte I, Ce que c'est pourtant que la vie (Triolet de Gardefeu), l’air tyrolien, Son habit a craqué dans le dos, et la finale du 4e acte.

Marie-Ève Munger - soprano colarature
Gabrielle dans La Vie parienne de la SALR
© Photo Sylvain Dufour

Bien qu’ayant toujours déclaré occuper un modeste second rôle dans cette production, Marie-Ève Munger, une fois de plus, brûle les planches. Son jeu théâtral, sa prestance et son interprétation s’ajoutent à une voix très belle qui ne cesse de nous plaire. La soprano colorature campe une Gabrielle mutine, adorable, dont la fougue apporte de la couleur au personnage de la «timide» gantière.

J’ai beaucoup apprécié l’accent et la classe de la Martina Govednik (Métella), l’assurance et la vitalité de Caroline Tremblay (Pauline). Peut-être moins à l’aise dans le jeu théâtral, Ariane Girard (la barronne) a un timbre de fois très particulier, un vrai plaisir que de l’entendre chanter.
Irrésistible tandem - Dominique Côté, Gaétan Sauvageau
La Vie parisienne - SALR
© Photo Sylvain Dufour

J’ai trouvé irrésistible le tandem créé avec une belle complicité par le baryton Dominique Côté (Bobinet) et le ténor Gaétan Sauvageau (Gardefeu), deux belles voix en solo comme en duo. En fait, nous étions gâtés par la distribution masculine avec l’hilarant Martin Giguère (Prosper et Joseph), les enjoués Éric Renaud (Alphonse et Urbain), Jean-Sébastien Turgeon (Frick) et Julien Patenaude (Le baron) et l’exotique séduisant Gérald Germain (Le Brésilien).
La Vie parisienne - SALR
Gérald Germain Le Brésilien
© Photo Sylvain Dufour

Soulignons le travail ardu des danseuses sous la direction de Julie Dubois-Gravel. De nombreuses et vivantes chorégraphies qui, malgré certaines échappées compréhensibles et une performance pas toujours égale, ont contribué habilement à l’ambiance tourbillonnante de ce spectacle hautement festif.

Julien Patenaude (Le baron)
Gaétant Sauvageau (Gardefeu)
Ariane Girard (La baronne)
La Vie parisienne - SALR 2009
© Photo Sylvain Dufour


Un beau rendez-vous que cette production 2009 de la Société d’art lyrique du royaume! De belles voix, un jeu dynamique et beaucoup d’humour.

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À la mémoire de Stan d’Haese

Stan d'Haese 1936-2009



Samedi 4 avril, la quatrième représentation de La Vie parisienne de Jacques Offenbach sera présentée à l’occasion d’une soirée dédiée à la mémoire du très regretté Stan d’Haese, décédé le 4 mars dernier à l’âge de 73 ans.

À ce sujet, Marie-Ève Munger, directrice artistique, écrit : «J’ai une pensée pour les bâtisseurs qui, comme Stan d’Haese, ont aidé à faire de la Société d’art lyrique du Royaume la pierre angulaire qu’elle est devenue dans le domaine lyrique québécois. Et je vous assure que nous continuons à regarder vers l’avenir pour poursuivre leur rêve et le nôtre, celui de mener la SALR toujours plus haut afin de faire honneur aux artistes, aux bénévoles et au public qui nous soutient.»

Stan symbolise tout le dévouement, l’énergie, le talent et la foi qui caractérise tant de personnes investissant, ici, leur temps et leurs connaissances afin de doter notre région d’une vie culturelle riche et inspirante pour nos enfants…. Pour nous tous.

Souhaitons une salle comble, ce samedi 4 avril, pour saluer la mémoire de ce géant qui s’est donné sans rien demander, sinon d’aller de l’avant pour bâtir un monde auquel il croyait.

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lundi 30 mars 2009

Adieu... je suis de retour



Progrès-dimanche

Arts Édito, dimanche, 29 mars 2009, p. 42

Le temps de partir

Christiane Laforge


Voilà venu le temps de se dire adieu.

Ce jeudi 26 mars, j'écris le texte ultime de ma carrière de journaliste au Progrès du Saguenay. Partagée entre une certaine tristesse de voir se terminer une carrière passionnante et une grande joie d'ouvrir mes ailes vers une nouvelle étape de ma vie.

Mars 1970

Tout a commencé en mars 1970. De passage, rue Labrecque, pour saluer et remercier le PDG du Progrès Dimanche, je me vois offrir un emploi. Je revenais d'un long séjour en Belgique, d'où j'avais envoyé au journal des textes établissant un parallèle entre l'ancien et le nouveau monde. Ces deux mondes dont j'étais issue.

La chronique "Comme mes yeux voient", publiée dans le Progrès Dimanche venait de m'ouvrir les porte de la salle de rédaction, murmurait mon orgueil... "Pour classer une montagne de photos de presse en désordre", a déclaré mon employeur.

Quinze jours plus tard, la tâche une fois terminée, on m'invitait à quitter les lieux. Trop tard! J'ai refusé de partir, plaidant voir une montagne de travail que je pouvais assumer. Je fus convaincante.

Lasse de me limiter à être secrétaire de rédaction, j'ai risqué quelques écrits. Un mois plus tard, je devenais responsable des pages féminines, suivies peu après des pages des arts.

L'escalade

En créant le cahier Arts et société, j'entamais le début d'une carrière journalistique qui a permis à mes yeux de "voir" plus que jamais.

Invitée à me joindre à l'équipe fondatrice du journal Le Quotidien, le 30 septembre 1973, sous la direction de Denis Tremblay, j'ai connu l'exaltante période de l'évolution de la condition féminine, avant de me consacrer exclusivement à la vie artistique.

J'ai vécu la naissance des troupes de théâtre et de danse que j'applaudis encore aujourd'hui. J'ai vu grandir et mourir de nombreux peintres. J'ai lu des centaines de livres de nos auteurs, aujourd'hui célèbres. J'ai écouté des voix superbes. J'ai été aux premières loges à la naissance des grands spectacles.

Mars 2009

Le monde des arts au Saguenay-Lac-Saint-Jean est l'Everest de ma carrière. Jour après jour, mes mots ont été les piolets d'une ascension, aidant à me hisser pour gravir ma propre montagne.

Aujourd'hui, je me retrouve au sommet de 38 années vécues avec passion. Et je contemple, fascinée, émerveillée de voir ce bouillonnement de culture, cette vitalité créatrice qui est la nôtre.

Il n'est pas un reportage, pas une critique qui m'ait laissée indifférente. Je sais la volonté, l'espoir, l'angoisse, sous-jacente à toute création. J'ai voulu comprendre et partager. J'ai surtout appris à aimer. À vous aimer, vous les artistes de qui j'ai tant parlé à ces lecteurs que j'ai voulu, en tout temps, respecter.

Aujourd'hui, j'entreprends la descente de cette montagne journalistique. Un autre sommet taquine mon regard.

Au revoir! Et pour ceux qui souhaitent naviguer avec moi sur le blogue www.oragesurocean.blogspot.com , je dirai: au relire!


© 2009 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

dimanche 8 mars 2009

Ce 8 mars 2009, Rita...

Rita Turbide 1921-2009
Photo prise le Jour de l'An 2008
à la Maison heureuse



À Chicoutimi, à 8h ce matin du 8 mars 2009, Rita est morte. Coïncidence? Ce pas définitif, elle a choisi de le franchir la Journée internationale de la femme.

Née en Acadie le 20 janvier 1922, les yeux de Rita Turbide se sont longtemps ouverts sur La Baie des Ha! Ha! Elle ne les plus jamais refermés depuis... sauf aujourd'hui, à bout de trop de douleur torturant son corps depuis des années. Je l'imagine déjà, en train de s'excuser de déranger auprès de ses amis qu'elle quitte, espérant ne pas troubler ceux qu'elle avait la certitude de retrouver, surtout Rodrigue son amour, Pauline Julien et Gérald Godin ses poètes.

Rita, portant le flambeau d'un foi indéfectible envers son Québec qu'elle a toujours défendu avec ardeur, a su être avant tout, plus que tout, l'incarnation de l'amitié. Et elle, si fidèle et constante dans ses affections, s'étonnait toujours que l'on puisse l'aimer.

Réflexe dans le chagrin, j'ai ouvert le classeur, gardien du trésor écrit de toute mes correspondances échangées depuis des années, pour relire les lettres de Rita. Pour ramener à la vie cet esprit intense que j'ai eu le privilège de connaître. Et je bascule sur ces lignes manuscrites, ces mots tracés à l'encre bleue sur un papier décoré d'oiseaux :
«Christiane, tu es pour moi non seulement une précieuse amie, mais la petite fille que j'aurais aimé avoir

Une adoption du cœur dont je mesure aujourd'hui toute la portée, maintenant que je ne la reverrai jamais plus pour lui dire : «Je t'aime Rita». Ce à quoi elle répondait : «Oh! je l'sais. J'en ai de la chance!»

Moins que moi Rita, moins que nous qui te pleurons, sachant très bien que ces larmes ne remplirons jamais le vide laissée par ton départ.

Jamais rassasiée de livres
Photo prise le Jour de l'An 2008
à la Maison heureuse
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samedi 7 mars 2009

Humeur sur l'humour






Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche 15 février 2009, p. 43

Cours de Saguenéen 101
De l'humour ?

Christiane Laforge

Au secours j'ai perdu le sens de l'humour! À moins que mon sens de l'honneur ou ma fierté saguenéenne prévale sur la soumission à une dérision condescendante de plus en plus flagrante d'une certaine l'intelligentsia.

J'ai regardé le Cours saguenéen 101 que diffuse les iStudio Cinéma Télévision sur le site Internet du film Le Bonheur de Pierre. Un film tourné à Sainte-Rose-du-Nord, comédie humoristique confrontant un français pratiquant le bonheur envers et contre tous, au sein d'un petit village peu enclin à y tolérer «l'étranger», un Français qui plus est. La bande-annonce du film est amusante et, connaissant le talent combiné des Pierre Richard, Rémy Girard et autres comédiens, nul doute que le 17 février prochain, nous passerons un bon moment lors de la première mondiale de cette production franco-québécoise. Rien à redire pour l'instant, même si, à l'instar des Ch'tis ou de La Grande séduction, le comique repose sur l'excès, voire la caricature de traits humains universels.

Sainte-Rose-du-Nord a déjà été le lieu de tournage de plusieurs grandes productions: Toby sur les courses de chiens de traîneaux, certaines scènes de Robe noire et Nouvelle-France. Mais tous ces films n'identifiaient jamais aussi clairement le site magnifique des trois anses de ce village sur la rive nord du Fjord du Saguenay.

Comment ne pas miser sur les retombées touristiques possibles d'une telle vitrine? Prêts que nous sommes à accueillir ces gens d'ailleurs, désireux de mieux connaître cette région et sa population la plus francophone du Québec.

Alors quoi? Pourquoi le Cours de saguenéen 101 me blesse-t-il? Pourquoi ne me fait-il pas rire?

Que les métropolitains ou les gens d'outre-mer trouvent drôles cette «peuplade» d'une «bourgade» isolée, je peux les comprendre. Nul n'est à l'abri de l'ignorance. Paris Match l'a magistralement démontré dans son reportage sur le 400e de Québec.

J'ai en mémoire la très amusante leçon du «parler» québécois donné au public français par Linda Lemay. Je l'ai même trouvé savoureuse au point de le faire écouter à des amis européens. Aurais-je perdu mon sens de l'humour?

En écoutant le Cours de langue saguenéen 101 présenté par Louise Portal, je me suis sentie en terre étrangère. Le syndrome du Ch'tis a frappé notre comédienne, ambassadrice de sa région, qui se prête à un discours où l'on accentue des traits marginaux du langage populaire, non représentatifs et surtout en rien exclusifs au Saguenay - chesse, frette, boswell (??), l'élision de l'accent sur dépanneur (?), etrange (?), l'ineffable «là là» - dans une forme caricaturale peu flatteuse. Que ces expressions fassent partie du paysage ne signifie pas que c'est la norme. Et l'autodérision, que l'on nous souhaite, suppose un fond de vérité. Une vérité avec laquelle les scénaristes de iStudio prennent beaucoup de liberté, nous attribuant des expressions peu ou pas connues ici. Un peu plus de rigueur aurait aidé à la digestion!

«Mais c'est de l'humour», insistent les Ghyslain Harvey (Promotion Saguenay) et les «gens» anonymes soi-disant amusés qui auraient «applaudi cette farce», affirment ses concepteurs. «C'était de l'humour», se défendaient les tenants du dernier Bye-Bye avant de se confondre en excuses, tout étonnés que certaines personnes se soient senties blessées plutôt qu'amusées. Non! C'est de la dérision frôlant le mépris. Ce mépris menant à la méprise irrespectueuse et vulgaire d'un député français, Pierre Lasbordes, accueillant le premier ministre du Québec Jean Charest en lui demandant: «J'espère que vous n'avez pas trop la plotte à terre» (sic), sous prétexte de faire de l'humour en parlant, croyait-il, comme les Québécois.

J'ai perdu le sens de l'humour. Nul besoin de me le dire. Je l'ai troqué contre le désir impérieux de convaincre «l'étranger» que les vents froids de nos hivers blancs insufflent à notre langue une poésie unique débordant des œuvres littéraires des Nicole Houde, Lise Tremblay, Michel-Marc Bouchard, Daniel Danis, Jean-Roch Gaudreault, Yvon Paré, Alain Gagnon, André Girard, Élisabeth Vonarburg, Gérard Bouchard et nombreux autres.

La promotion du film Le Bonheur de Pierre n'aurait certainement rien perdu à ouvrir sa tribune sur le monde réel de ce peuple du Fjord.


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Théâtre Palace Arvida... le sort en est jeté


Théâtre Palace Arvida
©Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien


«2009. Ah! Une année toute neuve où tout n’est encore qu’une promesse!», écrivais-je dans mon Art Édito publié dans le Progrès-Dimanche du 11 janvier 09.

Une année qu’une crise économique mondiale transforme en défi.

Les pessimistes prévoient une réduction des subventions publiques et privées. Quoique, près de 2,7 milliards de nos impôts vont aller dans les goussets de l’industrie automobile américaine. J’aurais préféré le fromage… et plus encore le ramage de nos auteurs, de nos chanteurs, de nos comédiens. Il faut que la roue tourne dans ce pays où l’on retiendra désormais au bercail les pas de danse et les musiques qui, avant l’automne 2008, franchissaient avec honneur les océans.

Les cyniques voient une belle occasion de justifier de nouvelles coupures au nom de l’austérité imposée. Il y a de la grogne dans l’humeur d’un public qui remet sérieusement en question les choix et plus encore le coût de certaines œuvres soumises à leur regard perplexe.

Les sceptiques doutent de la portée d’une voix, celle des élus et celles des artistes qui semblent se complaire dans le silence malgré le maintien des coupures de 46 millions après les avoir dénoncées si passionnément avant les dernières élections fédérales.

Les ironiques, fidèles spectateurs de la grande scène publique, nous diront qu’avec 18 sénateurs de plus et une croissance exponentielle du nombre des ministres, il faut y voir un exemple de la nouvelle politique de création d’emplois au service de la comédie humaine.

Toute nouvelle année devient la somme de ce qui a précédé. Certains affrontent la fin d’un rêve cherchant le secret du phœnix, d’autres poursuivent un combat créatif malgré les doutes récurrents, parce que créer est LA raison d’être.

Le poids des briques

L’ombre de janvier plane sur les fondateurs de Québec Issime. La fougue créatrice qui ne s’est jamais démentie parmi les membres de ces familles d’artistes vient de frapper un mur.

L’image est directe, car il s’agit bien de briques contre lesquelles se cassent des ambitions. Icare n’est pas le seul dont l’orgueil a fondu au soleil. Furent-ils trop audacieux?

À Chicoutimi, malgré les protestations du milieu, plusieurs bâtiments, joyaux de notre patrimoine architecturale, ont été sacrifiés sans égard à leur valeur historique : la maison du Dr Angers en 1978, la gare de Chicoutimi dont la restauration ratée aura été pire que le pic du démolisseurs, la maison J.-A. Truchon en 1989, le théâtre Capitole de la rue Racine en 1991, la maison Lévesque en 2007. Ouf! On a sauvé la Pulperie… de justesse.

Le Théâtre Palace Arvida figurerait sans doute dans cette funèbre énumération s’il n’y avait eu la témérité de la famille Doré? Irréaliste défi?

Et si le tort était de les avoir laissés seuls à oser croire que l’on devait sauver le Palace?

L’achat et la rénovation de la bâtisse ont pesé lourd sur les épaules de Logistik 22 qui se voulait, avant tout, une maison de productions, de création et de diffusion de spectacles.

L’éveil public et le soutien politique sont-ils venus trop tard pour assurer l’avenir de ce qui s’est révélé une école et un tremplin pour de nombreux artistes rayonnant aujourd’hui hors de la région ? Plusieurs musiciens au Cirque du soleil, plusieurs chanteurs sur les scènes du Québec nous le disent.

«Mais où trouver l’argent?» se défendent les protecteurs (?) des fonds publics? Peut-être au même endroit que les 8 M$ dépensés pour la restauration du Palais des sports de Jonquière en 2005, ou les 2,2 M$ pour le centre multi sports du parc St-Jacques, ou encore le million additionnel annoncé en 2007, de nouveau pour le Palais des sports, fonds provenant des surplus d’Hydro-Jonquière.

Lourdes, très lourdes sont les briques!

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Le 14 novembre 2007, en conférence de presse, il était question de la formation d’un comité de concertation composé de représentants de la Ville et du gouvernement du Québec, avec la collaboration d’Emploi Québec, promotion Saguenay, du ministère du Développement économique, Innovation et Exportation (MDEIE) et du Conseil local de développement (CLD) de Saguenay. Plusieurs mesures étaient envisagées pour un redressement de la situation financière de Logistik22 afin d’assurer son existence au sein de la communauté régionale incluant la sauvegarde du Palace Arvida. Pourtant, quatorze mois plus tard, le syndic Fabien Tremblay obtient du tribunal le mandat de vendre le Théâtre Palace Arvida pour défaut de paiement. Qu’est-ce qui n’a pas été fait ?

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mercredi 11 février 2009

Une maison face au nord

Une maison face au nord
Guy Migneault - Louisette Dussault
© Photo Rocket Lavoie





Le Quotidien
Arts, samedi, 31 janvier 2009, p. 21

Une maison face au nord
Un privilège pour le spectateur


Christiane Laforge

Un grand moment! La création de la pièce Une maison face au nord, le mercredi 28 janvier à Jonquière, aura été un privilège.

Joyeux trentenaire, a su dire le dramaturge Jean-Rock Gaudreault au Théâtre La Rubrique en leur offrant cette pièce à mettre au monde. Un public ému, amusé, conquis par la beauté d'un texte superbement porté par des comédiens impeccables dans leur jeu.

La pièce

Avec tendresse, avec humour, avec doigté, Jean-Rock Gaudreault a su raconter les saisons de toute une vie, en brossant subtilement le portrait social, économique, politique et familial d'un couple.

Mieux encore, il a campé son histoire sur les flancs de Chicoutimi surplombant la rivière Saguenay, risquant des détails précis - la rue Racine, le Progrès-Dimanche, Place du Royaume - sans y enfermer son texte. Il ne serait pas impossible d'adapter la géographie du récit à d'autres régions semblables, car le propos demeure universel.


Une maison face au nord
Guy Migneault - Louisette Dussault
© Photo Rocket Lavoie

L'auteur s'insinue dans le cœur d'un couple en fin de parcours, mettant à nu les traces de leur existence : le chagrin inconsolé de l'enfance, les grandes illusions amoureuses, les souvenirs heureux d'une maison pleine des cris d'enfants turbulents, le dur labeur pour gagner son pain, la confrontation à leurs préjugés face à l'étranger, les désillusions politiques, l'éloignement des enfants. Tissé dans les nuances de ces confrontations de la vie, leur présent est la somme de joies et de tristesses qu'ils affrontent chacun à leur façon.

" Ça m'a pris rien qu'une heure pour faire le tour de c'que j'ai ramassé pendant toute une vie, déclare Henri. Quand tu dis que toute ton histoire est là, sur des étagères ; tout c'qui a servi à bâtir des centaines de maisons, pis d'garages... Y a pas un coin d'la région où j'ai pas travaillé. Ben, dans a rue pour m'en r'venir ici, tout avait l'air de s'écrouler. Là, j'ai eu pour mon dire : "Mon vieux, tout ce qui t'entoure est en train de sacrer l'camp, pis t'en fais partie."



Une maison face au nord
Guy Migneault -
A.-J.Henderson

© Photo Rocket Lavoie

Le jeu

La force du texte prend toute son ampleur par la voix des comédiens. On les croirait taillés sur mesure, tous indistinctement, pour les mots qu'ils portent avec brio.

Il aurait été si facile de pousser un peu trop dans la caricature, de jouer grossier ou mélodramatique. Rien de tel. Tout est crédible, mesuré, tantôt drôle, tantôt émouvant. Il fallait une direction habile pour saisir la grandeur de ce qui semble petit.

Guy Mignault (Henri) maîtrise bien les nuances de ce personnage tout d'une pièce, au caractère tranchant, bourru, épris de son pays et si meurtri par les humains. "Quand j'me suis rendu compte que mon rêve était en train d'me mentir, j'me suis réveillé carré" lui fait dire l'auteur, confiant à ce personnage les répliques les plus percutantes : " On fera pas notre pays. On l'aura pas pis, pour moi, ça va rester une des grandes peines de ma vie. Comme si il y avait une promesse que j'avais pas tenue. Rien que d'en parler... C'est comme si j'avais hérité d'une sorte de colère... "

Le propos semble politique, mais le ton révèle davantage la complexité d'une société qui ne retrouve plus ses balises. Les liens avec le savoureux Larry (A.-J.Henderson) qui absorbe toute la poésie d'Henri, lui retournant sa manière de voir en disant : "C'est toujours spécial la première neige, hein ? La lumière... L'odeur... C'est comme si la terre était prise par surprise."


Une maison face au nord
Guy Migneault - Marcelo Arroyo

© Photo Rocket Lavoie


La relation filiale qu'établit Henriquez (Marcelo Arroyo) avec son enthousiasme naïf : "Le Canada, c'est le paradis pour mes enfants". Deux exemples d'une capacité d'accueil sans nier celle du rejet. Le paradoxe.

Un paradoxe qui se devine dans le sentiment amour-haine à l'égard du pays, dans la tendresse-colère envers des enfants qui n'ont pas réalisé les rêves que l'on a faits pour eux et l'affection-rancune marquant les rides du couple. Louisette Dussault rend bien la nature complexe et contradictoire de la femme si résistante qu'elle se casse dans la tempête, chêne ayant tout à apprendre du roseau.


Une maison face au nord
Guy Migneault
© Photo
Rocket Lavoie

Mise en scène

L'ingéniosité des décors permet d'alterner entre plusieurs lieux... et de nous convaincre de les voir tels que décrits. La mise en scène impose un rythme qui, s'il semble parfois trop lent, laisse respirer les répliques qui, sous l'apparente simplicité du langage, sont chargées d'un contenu intense qu'il faut prendre le temps d'absorber.

Entre chaque tableau, le lien musical et les effets sonores, cris des outardes ou chant d'oiseaux, créent une sorte de rupture, un temps d'arrêt. Sur le moment, on le perçoit comme un choix nécessaire pour passer d'un décor à l'autre, au risque de rompre l'intensité de l'envolée oratoire. Impossible d'y trouver une alternative et, avec le recul, cette impression de coupure dans le rythme s'estompe, devenant plutôt un temps suspendu utile au changement d'ambiance voulue. À la finale une ovation bien méritée !

Une maison face au nord
Guy Migneault
© Photo
Rocket Lavoie

"La Maison face au nord" de Jean-Rock Gaudreault, mise en scène de Jacinthe Potvin, coproduction de La Rubrique, du Tandem et du Théâtre français de Toronto, à l'affiche de la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière jusqu'au 14 février.

À voir absolument !

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lundi 9 février 2009

Polytechnique, l'éloquence de l'art


Photo du film Polytechnique



Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche, 8 février 2009, p. 34




L'éloquence de l'art

Christiane Laforge

Voilà plus de 35 ans que j'utilise les mots pour parler des artistes et de leur importance. Tout ce temps d'une carrière journalistique au cours de laquelle je n'ai jamais douté de cette conviction: l'art est la voix, le miroir, l'expression de ce que nous sommes.

Le jeune réalisateur de Polytechnique Denis Villeneuve et son équipe, producteurs, scénaristes, comédiens, en sont un exemple frappant.

Outre que le cinéma réunit plusieurs disciplines artistiques, sa finalité, à l'instar d'autres formes d'expressions artistiques, transcende le pire et le meilleur de notre humanité.

La tragédie du 6 décembre 1989, alors qu'un homme a délibérément tué 14 femmes étudiant à cette école de Montréal, suscite le désarroi, l'horreur devant la violence du geste, une infinie tristesse devant l'incompréhensible fatalité. Et pourtant, face au grand écran du cinéma Odyssée de Chicoutimi, je me suis inclinée devant une œuvre d'art magistrale.

Montrer

Le film Polytechnique dépasse l'évènement réel qui a marqué toute une population en 1989. Le scénariste Jacques Dabvidts a su aller au cœur d'un fait pour en extraire la forme.

Comment dire? Il a retenu les gestes comme le sculpteur détermine les formes. Il a situé les mots, jamais trop, jamais trop peu, comme le peintre amalgame les couleurs. Les comédiens sont devenus la toile réfléchissant l'ensemble pour en rendre l'expression voulue. La caméra a su tirer parti de chaque plan. Cette route longeant les glaces projetées à la verticale comme une toile se défaisant sous nos yeux. Ou ce couloir inversé comme pour mieux ressentir le sentiment d'un univers totalement renversé. Tant d'exemples d'un film exceptionnel que l'on pourrait citer!

Denis Villeneuve montre les faits. Avec justesse, avec une maîtrise du propos et le remarquable travail de Pierre Gill à la photographie. Il ne raconte pas l'histoire, il nous permet de la regarder. Sans jugement, sans colère, sans préjugé. Nous laissant à notre propre incompréhension devant l'incompréhensible. Parce que c'est cela qui est dit. Il n'y a rien à comprendre. Si horrible, si tragique et totalement inexplicable.

Dire

Polytechnique dépasse les mots. Rend caduques les discours et surtout les propos véhéments des uns et des autres en quête de coupables.

Ce film dépasse l'histoire qu'il raconte. Parce que "ce fait" hélas! n'est pas unique. Récemment, en Belgique, un jeune homme a pris d'assaut une crèche et y a tué plusieurs bébés. Plus près de nous, une famille a été décimée nous laissant pantois, la tête pleine de pourquoi?

Le film ne donne pas de réponse. Là n'est pas le but du cinéaste. Le film démontre qu'il n'y a rien à comprendre au fait lui-même, mais tout à comprendre de ses conséquences, de la douleur, du désarroi. La foudre foudroie. On en meurt. On peut survivre.

Ce film est la somme d'un art achevé. Celui du scénariste, du réalisateur, du photographe, du musicien et des comédiens. Impeccablement dirigés, ils incarnent une vérité humaine qui nous remue, nous trouble profondément et, curieusement, abolit la colère. Rien à juger. Rien à condamner. Seulement l'immensité d'un chagrin justifié. Et une œuvre cinématographique pour l'exprimer.

Tout est senti... ressenti. Un battement de cœur que ponctuent les silences.

L'art a son meilleur!

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mardi 3 février 2009

Joyeux anniversaire Ariel

Élika et Ariel... doux moments


Ariel, fils tant aimé

Ce 3 février 2009, te voilà à ta 26e année d’existence. Toi, mon enfant pour toujours, tu es un homme, un époux, un père. Et pourtant…

Moi, ta mère, je ne sais pas compter les ans. Ils se juxtaposent, s’imbriquent les uns dans les autres, se confondent. Les ans deviennent les couleurs sur la palette du peintre. Ais-je su, à ce point, les marier l’une à l’autre pour achever cette œuvre de vie que tu représentes?

Je te regarde avec orgueil. Il n’est pas une toile, pas un livre, il n’est rien qui puisse m’honorer plus que ton sourire quand tu découvres, à ton tour, le sens de ces mots en regardant ta petite fille. Tu sais le plus important de mon sentiment pour toi, parce que tu le ressens pour ta fille.

Là est notre rencontre mon fils.

Pendant le quart d’un siècle tu as été mon étoile polaire. J’ai navigué sur des mers tourmentées sans jamais sombrer parce que tu étais là.

Aujourd’hui, moins qu’hier je n’ai pas l’intention de rentrer au port. Mes voiles sont gonflées vers de nouveaux horizons. Et le plus troublant dans ce voyage sans fin, c’est de regarder mon ciel et de voir s’y multiplier les étoiles.

Ce 3 février 2009, te voilà à ta 26e année d’existence. Tu es un homme, un époux, un père… là est ta vie. Empare-toi d’elle mon fils aimé, car là est ton avenir.

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samedi 31 janvier 2009

Jean-Marie Laberge


Euphorie- Bronze - Jean-Marie Laberge


«Dix ans, ça fait danser les idées» clament Les artistes de la Maestria.

En novembre 2008, pour célébrer le dixième anniversaire de leur association, 15 peintres et sculpteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont invité 15 écrivains de la région à leur valse de la mémoire.

Chaque artiste devait réaliser une œuvre de grand format inspirée d’un site ou d’un évènement touristique de la région. À partir d’une photographie de la peinture ou de la sculpture, l’écrivain a écrit un texte inspiré de la pièce à laquelle il était jumelé. L’exercice a incité les uns et les autres à créer en toute confiance, les auteurs demeurant libre de décrire, commenter ou divaguer sur la composition visuelle soumise à leur regard.



La flutiste- Bronze.
Jean-Marie Laberge


Un piège! Car j’anticipais toute la poésie d’une envolée d’outardes, le ballet d’un banc de ouananiches ou encore le geste musicale d’un concertiste, thème que l’artiste sait si bien reproduire en occultant le corps du musicien pour n’en tailler que les seuls membres essentiels à l’instrument de musique.

Une idée préconçue de l’œuvre à décrire que nourrissaient également plusieurs auteurs à l’égard de «leur» artiste. Jusqu’à ce que, confrontés à l’œuvre proposée - dans ce cas précis, le site de la Pulperie de Chicoutimi - les ébauches de textes se sont envolées. En création, rien n’est plus agréable que l’inattendu.

Pour chaque jumelage, un face à face provocateur entre le visuel et la page blanche. Le pas de danse allait devoir se soumettre : l’artiste mène le bal, l’écrivain a suivi la cadence.


Menu minet - Bronze - Jean-Marie Laberge




C’est ainsi que

Eau Vivre
bas relief en aluminium coulé de Jean-Marie Laberge,
inspiré de La Pulperie de Chicoutimi
est devenu sous les mots
Nous sommes ce que nous avons été

Un peuple dur comme le métal, orgueilleux comme la cime d’un arbre, issus d’un royaume d’eau et de forêt, déversant sa science dans les papiers porteurs de notre savoir et de notre imagination, architecte d’une histoire dont la modernité d’abord taillée dans le bois, se coule aujourd’hui dans l’aluminium. Voilà ce que je vois dans le bas-relief de Jean-Marie Laberge, intitulé «Eau-Vivre», créé pour le 10e anniversaire de La Maestria.

L’art de Jean-Marie Laberge réside dans cette fascinante habileté à mouler dans les formes sculptées l’essence d’une vision. L’ensemble de son œuvre en témoigne. N’a-t-il pas coulé dans le bronze la grâce d’un vol d’outardes?


L'envol - Bronze - Jean-Marie Laberge

La singulière élégance de la marche des empereurs de l’Arctique?


L'heure du bain - Bronze - Jean-Marie Laberge

Ou l’expression et l’intensité du doigté musical ?



Le pianiste - Bronze - Jean-Marie Laberge

Sous la contrainte d’un thème touristique imposé, l’auteur du monument «Vers l’avenir», érigé en 1988 devant l’École Dominique-Racine, a surpassé la représentation visuelle d’un lieu. Sa murale, La Pulperie de Chicoutimi, allie le symbolisme, le narratif, le figuratif dans une allégorie, impressionnante par la savante complexité du contenu et la moderne simplicité du rendu.

Eau Vivre - Bas-relief aluminium - Jean-Marie Laberge

Au centre du bas-relief, trois visages d’hommes, empreints d’une sérénité intemporelle, s’emparent du premier regard. Qu’importe si les traits évoquent un nom précis! Dans les sillons de chaque visage, on devine la trace d’une population laborieuse contribuant à l’édification d’un patrimoine ancré dans les entrailles d’une terre féconde. À la gauche de la murale des bâtiments rappellent la grandeur du rêve de ces bâtisseurs dont l’œuvre a succombé dans la débâcle tragique d’une crise économique pour renaître en gardienne de notre mémoire. À la droite, le langage personnel de l’artiste va à l’essentiel de la forme, partant de l’arbre transformé en billots chutant vers l’eau tumultueuse dont la forte énergie remonte en une vague vers le papier se dévidant, comme des marches d’escalier, allant des premiers grands journaux vers la base hautement significative où nous lisons : «Le Progrès du Saguenay».

Le symbolisme de cette œuvre, racontant la grande histoire de l’industrie du bois et du papier, force motrice du développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean, prend toute son ampleur d’avoir été coulée, en cette année 2008, dans les tons gris argent de l’aluminium.
Plus éloquente, c’est impossible!


Christiane Laforge
19 octobre 2008

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vendredi 23 janvier 2009

Y'EN A MARRE!

Une Lolita s’en va t’en guerre.


Mais pas de guerre sans victimes


Y'en a marre!

Si je ne me marie pas, c’est parce que je ne veux pas être mariée. Et j’assume.

En 1981, en prévision de mon mariage, j’ai payé un notaire pour qu’il prépare un contrat en séparation de biens. J’étais une femme adulte épousant un homme adulte, tous les deux conscients de nos droits et devoirs. C’était notre CHOIX d'homme et de femme LIBRES d’opter pour la séparation de nos biens.

En 1989, la ministre Monique Gagnon-Tremblay a concocté et imposé la loi 146 sur le patrimoine familial. Sous-entendant notre incapacité intellectuelle d’évaluer les conséquences de notre liberté d’établir un contrat d’union tel que nous le voulions. Heureusement pour les conjoints mariés avant le 1er juillet 1989, nous avons eu le privilège de retourner, à nos frais, devant un notaire, avant le 1er janvier 1991, pour nous soustraire à cette loi (close dont s’est prévalu la ministre elle-même, voir note à la fin). Une décision dont je me suis félicitée lors de mon divorce.

Il y a quelques années, toujours adulte, responsable et consciente de mes actes, je me suis engagée dans une union de fait. Pas question pour moi d’un mariage m’imposant les contraintes d’un régime matrimonial dont les règles ne me conviennent toujours pas (la loi 146 me prive du droit de disposer de mes biens à ma convenance). De toute façon, nous pouvons, si l’un et l’autre le veulent, établir un contrat d’union, conforme à ce que nous souhaitons.

Et voilà que l’issue d’un procès pourrait remettre MA liberté en question et celle de 34% des couples québécois qui ont choisi de ne pas se marier. Je me sens insultée quand les «très désintéressés» avocats mettent en doute la capacité des femmes et des hommes de prendre des décisions éclairées.

Que les enfants nés d’une union de fait soient protégés est légitime et souhaitable. Chaque parent doit être tenu de contribuer au bien-être de ses enfants de façon responsable et équitable.
Pour les adultes, à chacun d’assumer ses choix.

Sinon, quelle alternative restera-t-il aux amoureux désireux de cohabiter?

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Note 1 : 1.Tous les couples mariés tant avant qu'après le 1er juillet 1989 sont soumis aux dispositions relatives au patrimoine familial. Cependant, les couples mariés avant le 1er juillet 1989 pouvaient se soustraire à cette loi par une convention notariée signée avant le 31 décembre 1990. Au-delà de 60 000 couples se sont désengagés de l'application de cette loi. Mme Monique Gagnon-Tremblay, ministre qui avait parrainé cette nouvelle loi et qui avait vanté les mérites et les qualités intrinsèques de cette mesure de protection, s'est soustraite à l'application de cette loi. (S. Dansereau, 4 janvier 1990)


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samedi 17 janvier 2009

Aux âmes bien nées...

... La valeur n'attend point le nombre des années


Élika Laforge
arrière petite-fille de l'artiste peintre
Jean Laforge


Élika, 16 mois, réclame du bleu à sa maman,
mais elle ne le met pas seulement sur le papier




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mercredi 31 décembre 2008

Adieu 2008


Devant La Maison heureuse, neige sur l'arbre aux oiseaux

Lorsque je me suis éprise de la vie, j’ignorais qu’elle allait se transformer en cheval fou, galopant bride abattue au fil des ans.

«Le temps passe trop vite» disaient mes père et mère à leur huitième décennie, oubliant avoir sermonné ma jeunesse impatiente disant : «Tu as tout le temps pour cela… Tu as toute la vie devant toi.»

Eh! Bien non, je ne l’ai pas eu le temps. J’ai voulu l’étreindre pour mieux le retenir. Il a toujours filé, insaisissable comme le vent gonflant les voiles de mon voilier. Je sentais sa présence. Une force me propulsant vers demain, orgueilleuse de fendre les eaux de ma vie vers les continents de mes passions.

Terre… Terre, crient aujourd’hui les moussaillons de ma descendance, ignorant que je ne veux pas vraiment y aller… en cette terre. Je veux pousser plus loin, être une mer sans fin, une mère sans limite.

L’humain voyageur arbore sur ses valises les vignettes des pays visités. Les souvenirs de mes traversées tumultueuses et de mes escales en ports d’attache toujours temporaires ont laissé des traces; ils collent à ma peau comme les coquillages à la coque des navires. Pas question d’en retirer un seul. Ils sont mon histoire.

Avec regret, je dis adieu : Adieu 2008.

Avec gourmandise j’ouvre les bras à 2009. Bienvenue 2009. Viens, que je t’enlace!


Le regard du père


Ariel regarde sa fille Élika


Noël 2008
Le regard d'un père sur sa petite fille.
Toute la tendresse.
La beauté.

Élika apprend l'amour.

Qu'est la crise économique à côté de cela ?

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jeudi 11 décembre 2008

Épreuves du temps d'André Boucher


© Photo André Boucher - Épreuves du temps





Condensé du reportage publié dans le Progrès-Dimanche
Les Arts, dimanche, 30 novembre 2008, p. 34

Livre d'art Épreuves du temps
André Boucher sublîme ce qui est



© Photo André Boucher - Épreuves du temps


Par Christiane Laforge

L'œil aiguisé du photographe de presse, jadis au journal Le Soleil, a su voir l'œuvre du temps. Là où nous serions si nombreux à ne percevoir qu'usure et délabrement, André Boucher a saisi la beauté cachée sous les «Épreuves du temps».

Surfaces ridées, craquelées, couches de couleurs superposées se soulevant comme pelures qu'il a encadrées dans l'objectif pour n'en retenir que l'essentiel.

Le temps est un artiste. On le constate au regard de ce livre de photographies, lancé en octobre dernier lors de l’inauguration d’une importante exposition sur ce thème qui se termine ce 30 novembre au Centres des arts contemporains du Québec, à Montréal.



© Photo André Boucher - Épreuves du temps

En 1995, le fondateur du Groupe Image, devenu photographe indépendant au service des arts et des médias, publie un premier ouvrage au titre interrogatif et précurseur? : «Est-ce que quelqu'un a remarqué quelque chose?» Lui, certainement!

En 2002, le Salon d'automne international des Beaux-arts de Montréal, rend hommage à la qualité de son travail et lui décerne une médaille d'or pour «Pelure de fer». Il était l’unique photographe parmi une cinquantaine d’exposants à cette biennale internationale.

À 57 ans, ce Saguenéen d'origine, présente le fruit de quinze années de recherches, dans un livre étonnant, à rendre jaloux les peintres en quête de formes et de couleurs exceptionnelles.

«Épreuves du temps» est un recueil de photographies sur l'érosion d'un environnement urbain qu'il nous invite à regarder autrement.



© Photo André Boucher - Épreuves du temps


André Boucher est perçu par certains comme un photographe impressionniste. Si l’on conçoit que l'impressionnisme se caractérise «par une tendance à noter les impressions fugitives, la mobilité des phénomènes plutôt que l'aspect stable et conceptuel des choses», le terme convient à son approche photographique qu’il résume superbement : «Créer pour capter l'instant magique qui se livre, se révèle pour sublimer ce qui est, témoigner de ce qui fut. Créer pour laisser une trace, quelques grains de lumière et un peu de son âme derrière soi.»